Pour commencer, je ne vais pas expliquer comment fonctionnent les parrainages, vous le savez déjà, et sinon, c'est partout dans la presse. Par contre, un truc qui n'est jamais expliqué, c'est d'où vient ce système.
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
Cette loi est détestée de tout constitutionnaliste qui se respecte : adoptée à l'initiative de de Gaulle en violation de la Constitution, c'est elle qui a instauré l'élection du président (PR) au suffrage universel direct (SUD).
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
Avec cette loi de 1962, de Gaulle ne viole d'ailleurs pas que la Constitution, mais aussi l'un des points essentiels du compromis de 1958 qui l'a amené au pouvoir : pas de SUD pour le PR. En 1958, il est prévu que le PR est élu par, en gros, les maires et conseillers municipaux. pic.twitter.com/pYACgbuqEW
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
Lorsque la loi de 1962 passe, le précédent président de la République élu au suffrage universel direct (masculin seulement), et le seul, était un certain... Louis-Napoléon Bonaparte.
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
Inutile de dire que cet épisode a calmé beaucoup de monde et montré le danger d'élire un président directement, ce qui explique qu'on ne l'a pas fait pendant toute les 3ème et la 4ème Républiques et que personne ne voulait y revenir (sauf un autocrate comme de Gaulle).
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
Lorsque la loi de 1962 est adoptée, on perçoit qu'en l'état, elle est dangereuse.
Déjà parce que, sans filtre des candidats, il pourrait y avoir en théorie autant de candidats que de Français, et ça ferait un peu tâche que la présidentielle devienne un cirque...— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
D'où cette nécessité d'un filtre. Mais quel filtre ? Le pouvoir qui choisit les candidats, ils y ont probablement pensé, mais après les accusations de coup d'Etat en 1958...
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
Sans compter que quelqu'un issu d'un parti est tenu par des rapports de force internes, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, aucun ne pouvait faire *totalement* n'importe quoi sans risquer que son parti ne lui pète dans les doigts. (Cf la dissolution de 97 ou les frondeurs)
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
Et c'est comme ça qu'on se retrouve à dire qu'il faut être parrainé par 100 (aujourd'hui 500) élus locaux (et le CESE, bizarrerie vite supprimée) pour pouvoir être candidat.
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
L'objectif du système des parrainages est donc d'exclure les candidats qui n'ont pas un minimum de réseaux d'élus locaux, manière de dire "les candidats solitaires, sans structure, les célébrités susceptibles d'être élues uniquement sur leur nom et de se comporter comme tel".
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
(Par contre, ce qui est un bug, c'est un parti qui va soutenir un candidat de l'autre bord politique pour en fragmenter l'électorat. Petit rappel qu'il faut se débarrasser du scrutin majoritaire.)
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
Dès lors, des démarches comme celles de Castex, Bayrou et sa banque des parrainages, Lisnard et son "parrainage civique" rendent encore plus branlant un édifice déjà dangereux, comme j'ai souvent l'occasion de le dire ici.https://t.co/ZouF9NSfCJ
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
En revanche, on ne peut pas dire que ce système n'est pas bon au motif qu'il exclut des gens avec des sondages élevés mais seuls, sans structure derrière : c'est son objet. Si le système des parrainages finit par exclure Zemmour, on pourra dire qu'il a fait ce qu'on attend de lui
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022
L'argument "untel est à X % dans les sondages, il doit pouvoir concourir" n'est absolument pas pertinent, au contraire : dans le premier et dernier des sondages de 1848, à savoir l'élection elle même, Louis-Napoléon Bonaparte était à 74%.
— François Malaussena (@malopedia) February 24, 2022
(Ce qui explique que presque aucun pays démocratique ne le fait, et que quand ils le font, c'est avec de vrais contre-pouvoirs en face, genre un Parlement, une justice et une presse qui peuvent lui résister.)
— François Malaussena (@malopedia) February 24, 2022