Palantir, multinationale spécialiste de l’analyse de données à grande échelle, est devenue le symbole d’une certaine forme de fusion entre la rhétorique techno-futuriste de la Silicon Valley et les politiques liberticides de l’administration Trump. Cette réputation sulfureuse est délibérément entretenue par les mises en scène de ses dirigeants, comme Peter Thiel ou Alex Karp. Enquête sur la réalité concrète d’une entreprise à la fois porte-flambeau de l’internationale réactionnaire et très bien intégrée dans le monde économique.
(...) Ce géant de la Tech a beaucoup fait parler de lui récemment, en publiant sur les réseaux sociaux un manifeste aux accents guerriers, appelant l’Occident à dominer le monde avec des armes dopées à l’IA, et considérant que certaines cultures seraient supérieures aux autres. Un pamphlet techno-fasciste dans la droite ligne des positions des dirigeants et fondateurs de Palantir et de l’activité de la société. Et qui inquiète d’autant plus que depuis l’élection de Donald Trump, elle est en train de s’ancrer profondément au cœur de l’administration étasunienne.
Big Tech à 300 milliards de dollars
Palantir est née en 2003, dans le sillage des des attentats du 11 septembre, avec une promesse : fournir des logiciels capables de traiter et interpréter d’immenses quantités de données, afin de prévoir et anticiper de nouvelles attaques, là où les agences de renseignement officielles avaient échoué. (...)
Le projet convainc la CIA, qui y investit deux millions de dollars via sa branche d’investissement In-Q-Tel. Un argent qui s’ajoute à celui apporté par le Founders Fund, la société de capital-risque de Peter Thiel. Co-fondateur de Palantir, il avait précédemment fait fortune grâce à Paypal.
Aujourd’hui, Palantir est valorisé à plus de 300 milliards de dollars. Un chiffre énorme pour une entreprise qui affichait en 2025 un chiffre d’affaires de « seulement » 4,8 milliards.
Palantir est ainsi très intégré au monde des géants de la Silicon Valley. (...)
Symbiose avec les politiques de Trump (...)
Au-delà des domaines militaires ou du renseignement, Palantir multiplie les contrats avec toutes les branches de l’administration fédérale américaine. (...)
Société de surveillance (...)
Palantir refuse de vendre ses logiciels à la Chine et à la Russie, mais n’hésite pas, en plus de l’administration Trump, à travailler avec les régimes autoritaires de l’Arabie Saoudite et de Dubaï. (...)
Et la multinationale collabore depuis des années avec Israël. (...)
Investissements politiques (...)
Portes tournantes (...)
Les liens d’intérêts entre Palantir et l’administration fédérale atteignent jusqu’à la personne de Donald Trump, qui en est actionnaire. (...)
Des liens anciens avec l’internationale réactionnaire (...)
Un brouillage des frontières entre l’économique et le politique dont Palantir a fait son « business model ». (...)
Lire le second volet de cet article Renseignement, armée, santé, entreprises... Palantir à la conquête de l’Europe.