Du Vatican à Paris, le géant de l’intelligence artificielle de Peter Thiel et Alex Karp n’a jamais été aussi contesté.
Nous traduisons et explicitons sa contre-offensive à partir d’un texte important.
(...) En quelques semaines, les revers se sont enchaînés pour Palantir. Le 25 mai, l’encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV appelait à « désarmer » l’IA et dénonçait la concentration du pouvoir entre les mains d’acteurs privés transnationaux qui redéfinissent les conditions d’accès à la vie publique.
Le 16 juin, le Premier ministre français Sébastien Lecornu annonçait que la DGSI rompait avec Palantir au profit de la société française ChapsVision, au motif que la France ne peut « accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique » ni « dépendre du bon vouloir de certains partenaires, capables de couper le robinet d’accès » à l’IA, alors même que le contrat venait d’être renouvelé en décembre pour trois ans.
En Allemagne, le renseignement intérieur (BfV) a écarté Palantir au profit du même ChapsVision, quelques semaines après que le vice-amiral Thomas Daum, responsable de la cyberdéfense de la Bundeswehr, eut jugé « inconcevable » d’accorder à des employés d’une entreprise privée américaine un accès aux bases de données nationales.
Au Royaume-Uni enfin, où une commission parlementaire a qualifié le rôle de Palantir dans le NHS de « point faible inacceptable » et où le maire de Londres a bloqué un contrat de 50 millions de livres avec la police, le Premier ministre en devenir Andy Burnham — qui n’a jamais accordé le moindre contrat à l’entreprise durant ses neuf années à la tête du Grand Manchester — s’apprêterait, selon le Telegraph, à évincer Palantir du service national de santé, son entourage dénonçant un « techno-enthousiasme débridé » qui détourne les électeurs. (...)
Presque chaque « principe » correspond en réalité à une proposition de valeur, qu’un triple prisme permet de restituer : les réalités industrielles qu’il travestit, les effets politiques qu’il recherche, l’idéologie qu’il condense. (...)
La souveraineté véritable, suggère le manifeste, ne consisterait pas à choisir son fournisseur, mais à choisir Palantir (...)
Comme souvent avec Alex Karp et Palantir, il faut donc lire ce qui est écrit entre les lignes. C’est ce que nous faisons ici, point par point.
Nos réflexions sur l’importance de la souveraineté en matière d’IA. (...)
crédit image : Palantir Technologies.The original uploader was KarimKoueider at English Wikipedia., Public domain, via Wikimedia Commons