« Plus jamais ça » : quelque 6 000 personnes ont défilé derrière cette banderole dimanche 7 juin dans une marche blanche en France en mémoire de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte après avoir été vue avec un homme déjà visé par des plaintes pour viol, un drame doublé de polémiques sur les défaillances de la justice.
(...) Le ministre de la Justice ordonne une revue de 70 000 plaintes impliquant des enfants (...)
Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, est le père d’une amie de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé jeudi dans un silo agricole après six jours de recherche. Inculpé pour enlèvement et séquestration – les circonstances de la mort ne sont pas encore connues –, il avait jusque-là échappé à la justice malgré des soupçons de pédocriminalité. Il est visé par quatre plaintes et deux signalements. (...)
Ce dimanche, le garde des Sceaux a en outre annoncé qu’il allait demander aux procureurs généraux de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000 dossiers, d’ici au 14 juillet, dans le sillage de l’affaire Lyhanna. (...)
Lors de son intervention à la télévision vendredi dernier, le ministre de la Justice a immédiatement parlé de sanctions contre des magistrats si des manquements étaient révélés. (...)
. Si Frédéric Chevalier, président de la Conférence nationale des procureurs de la République, comprend la nécessité d’une enquête pour faire toute la lumière sur d’éventuels dysfonctionnements de la justice, il s’interroge sur le fait d’évoquer dans le même temps des sanctions :
« La difficulté, c’est qu’après, je trouve que ça a des conséquences sur les raccourcis qui sont faits dorénavant en disant que, finalement, en gros, si un homme a pu tuer une petite jeune fille, en fait c’est de la faute de la justice maintenant. Voilà, donc on arrive à des raccourcis qui sont extrêmement regrettables, qui mettent en cause directement maintenant l’action des magistrats ». (...)