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"Les préfectures créent des sans-papiers" : à Paris, un rassemblement pour protester contre les dysfonctionnements administratifs
#sansPapiers #regularisation #exilées #immigration
Article mis en ligne le 12 juin 2026

Le collectif "Bouge ta pref’" a appelé mercredi 10 juin, à des rassemblements partout en France pour dénoncer les dysfonctionnements et bugs informatiques liés à l’Anef, la plateforme permettant aux étrangers de réaliser leurs demandes de papiers. Les conséquences : des familles se retrouvent en situation irrégulière à cause des délais et du manque de communication. À cela s’ajoute un impact de plus en plus grave sur la santé mentale de ces personnes. Une centaine de manifestants se sont retrouvés place de la Nation à Paris, devant le siège de la Direction générale des étrangers de France (DGEF).

Bénévoles d’associations, étudiants, sans-papiers… Ils ont tous répondu à l’appel du collectif "Bouge ta pref’" pour dénoncer les dysfonctionnements administratifs liés aux demandes de renouvellement de titre de séjour, sur l’Anef, plateforme censée permettre aux étrangers de réaliser leur démarche administrative sur Internet, mettant fin aux rendez-vous en préfecture. Mise en place en 2016, cette plateforme charrie son lot de bugs en tout genre. Et leurs conséquences sont immenses : expiration du droit au séjour, perte du logement, de l’emploi... (...)

L’impact de ces dysfonctionnements sur la santé mentale

Une fois arrivés au bout du parcours, les manifestants se font plus bruyants. Un micro s’est mis à passer de main en main. Et Fatoumata Koné, l’adjointe au maire de Paris en charge des solidarités, de la lutte contre les inégalités et contre l’exclusion s’est jointe au cortège. "Je suis de plus en plus saisie sur la question de la difficulté de l’accès aux rendez-vous pour renouveler les titres de séjour", nous confie-t-elle. "Certaines personnes me demandent de les mettre en relation avec des bénévoles pour les accompagner : il y a une crainte du rendez-vous à la préfecture". (...)

Un constat étayé par les témoignages de médecins, qui ont fait état auprès de l’ONG Amnesty International de terribles angoisses des exilés qu’ils reçoivent, liées au renouvellement des papiers. Et outre l’occupation de tout l’espace mental, la précarité administrative peut raviver des traumatismes ou couper l’accès aux soins. Des bénévoles expliquent que des migrants se retrouvent dans des états de stress constants voir dépressifs, et que certains menacent de mettre fin à leur jour au vu du désespoir et du sentiment d’abandon et de solitude qu’ils connaissent. (...)

De leurs côtés, certaines préfectures comme celle des Bouches-du-Rhône argue dans un communiqué d’une augmentation du nombre de demandes qui allongerait les délais. Suite à une réunion avec les syndicats et organisations patronales le 26 mai, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est engagé à améliorer la régularisation des personnes sans-papiers, mais seulement pour les métiers en tension.

Aujourd’hui en France, plusieurs centaines de milliers de personnes sont en attente de régularisation.