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«  Les oligarques de la mer  », une enquête inédite sur un secteur sous emprise  : la pêche française
#pecheIndustrielle
Article mis en ligne le 7 juin 2026
dernière modification le 3 juin 2026

Le secteur de la pêche française est sous emprise. Ses instances de représentation, de pouvoir, et de décision, ont été colonisées par une minorité d’acteurs représentant les flottes de pêche industrielles ou œuvrant à leur profit.

L’équipe de BLOOM a enquêté pendant plus d’un an, et analysé des centaines de documents, pour établir une cartographie de ceux qui contrôlent véritablement la pêche française. Par l’entremise personnelle de leurs dirigeants mais aussi d’un certain nombre de lobbyistes puissants, bien que méconnus du grand public, les industriels ont verrouillé à leur avantage tout le secteur de la pêche, notamment ses deux instances les plus stratégiques  : le “Comité national des pêches maritimes et des élevages marins” (CNPMEM), qui élabore la règlementation du secteur, et les Organisations de producteurs (OP), qui attribuent la richesse convoitée par tous  : les quotas de poissons. (...)

Dans cette analyse inédite, BLOOM démontre la double dynamique à l’œuvre depuis une quinzaine d’années au moins : d’une part, l’éviction progressive de la pêche artisanale des instances de gouvernance, et d’autre part, la prise de contrôle de l’ensemble du secteur par un nombre très restreint d’acteurs. Les chercheurs de BLOOM ont ainsi quantifié que bien qu’ils ne représentent que 3% de la flotte de pêche française, les navires de plus de 24 mètres disposent de 25% des sièges au Comité national. A l’autre bout du spectre, les navires de moins de 12 mètres, qui représentent pourtant 84% de la flotte, n’ont que 14% des sièges.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Alors que l’Assemblée du Comité national des pêches était autrefois qualifiée de « Parlement de la pêche », notre enquête révèle que depuis 2011 – date à laquelle la concentration des pouvoirs s’est accélérée – 72% des sièges échappent au vote des pêcheurs. Ces mandats reviennent de droit à une oligarchie, agissant souvent au profit de multinationales étrangères telles que Parlevliet & van der Plas ou Cornelis Vrolijk, qui ont réussi à infiltrer la gouvernance de la pêche française à travers les dirigeants des armements qu’ils ont rachetés.

Lors des dernières élections professionnelles, l’abstention a atteint le taux record de 84%. Les pêcheurs n’ont plus confiance dans leurs représentants, et pour cause  (...)


crédit image : CC-BY-SA-3.0,2.5,2.0,1.0Self-published work