La Commission va publier son projet sur la souveraineté technologique, incluant une stratégie open source de l’UE qui donne une priorité au logiciel libre dans la commande publique de cloud et d’IA.
"Un tournant historique" (...)
C’est un tournant historique pour notre filière, et la reconnaissance d’un travail mené sans relâche depuis dix ans par les représentants de la filière européenne du libre. Le travail qui s’ouvre maintenant est de veiller à ce que ce changement de niveau d’ambition soit assorti des moyens financiers, des critères opposables et des objectifs chiffrés qui le rendront opérationnel", commente Stéfane Fermigier, coprésident du CNLL.
Le projet de la Commission part d’un chiffre "que la filière mobilise depuis avril 2025 : l’Union européenne dépense chaque année 264 milliards d’euros principalement en logiciels et services propriétaires américains. Il rappelle que l’Europe abrite la plus grande communauté mondiale de logiciel libre — plus de 3 millions de contributeurs — et que la moitié des contributions au code en Europe vient d’entreprises de moins de 50 salariés.
C’est exactement la cartographie de la dépendance et celle de la solution que la filière française documente depuis plus de dix ans."
Petites entreprises défavorisées
L’appel à contributions lancé en janvier par la Commission sur la future stratégie européenne pour un écosystème numérique ouvert a reçu plus de 1.600 contributions, indique-t-elle. (...)
Ce secteur se consolide au niveau national, avec des associations promouvant ces modèles au niveau européen (comme APELL [association européenne représentative de la filière du logiciel libre]). Pourtant, près de la moitié des contributions au code en Europe proviennent de petites entreprises de moins de 50 employés, qui continuent de se heurter à des obstacles structurels à leur développement, à leur image de marque et à leur intégration au marché, notamment en matière d’approvisionnement et de déploiement industriel."
Priorité aux logiciels libres
Parmi les avancées du projet de communication que souligne le CNLL :
– Une priorité au logiciel libre dans la commande publique de cloud et d’IA. (...)
– "Un nouvel instrument européen de maintenance du logiciel libre, qui inclut explicitement la capacité, pour l’Europe, à forker [pour mémoire, forker = créer un nouveau logiciel à partir du code source d’un logiciel existant] - c’est-à-dire à reprendre la main sur - des projets stratégiques.
– Des dispositifs de miroirs de sécurité pour le code source et les paquets logiciels critiques.
– Un cadre juridique commun pour les fondations open source à l’échelle de l’Union.
– Un ensemble structuré de mesures sur les compétences open source, couvrant les écoles et universités, les agents publics, les certifications indépendantes des éditeurs propriétaires, des masters européens dédiés et la mobilité Erasmus+."
Un budget jugé insuffisant (...)
Le CNLL demande aussi "une définition opposable de ce qu’est un logiciel libre européen, à inscrire comme critère d’achat public dans le contexte du CADA", une qualification combinant "origine européenne, lieu de gouvernance, recherche et développement, et contributions".
L’association réclame également "le respect de la définition juridique du logiciel libre fondée sur la licence. (...)
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