Les enseignants de l’école En Saint-Jacques de Chenôve (Côte-d’Or) se sont mis en grève, mardi 26 mai, pour dénoncer le climat de violence qui règne au sein de l’établissement classé REP+. Une trentaine de cas ont été recensés depuis le début de l’année.
C’est un élève en CM2, âgé de 11 ans. Il n’écoute vraiment pas les consignes, ce jour-là il était dans la provocation
Estelle Mauget, Enseignante et membre du FSU-SNUipp 21
Elle a assisté à cette scène surréaliste, comme tous les élèves présents dans la cour. “Ensuite l’enseignant a repris sa classe avec beaucoup de difficulté, mais la douleur était trop forte.”
En tombant au sol, l’homme âgé d’une quarantaine d’années s’est en réalité fracturé une côte. Depuis, il est en arrêt de travail et ce, jusqu’à la fin de l’année (...)
Une trentaine de cas depuis le début de l’année
Cet événement est la goutte de trop pour les enseignants, qui ont décidé d’arrêter le travail ce mardi 26 mai. 12 professeurs se sont mis en grève pour interpeller le rectorat face à la recrudescence de ces incidents dans cet établissement classé en réseau d’éducation prioritaire (REP+).
Insultes, tentatives de coups, agressions... Depuis le début de l’année, le syndicat d’enseignants FSU-SNUipp a comptabilisé une trentaine de cas de violence dans l’école : “des élèves qui s’énervent et qui balancent le matériel d’autres élèves dans la classe, et on l’a vu, des élèves qui finissent par s’en prendre intentionnellement à d’autres enseignants”, explique Marion Gravelle, enseignante et membre de la FSU-SNUipp. (...)
Face à cette banalisation de la violence, Marion Gravelle, qui travaille dans cette école depuis huit ans, se dit épuisée. “On a l’impression que rien ne peut être mis en place pour nous permettre de retrouver un climat scolaire digne pour travailler correctement."
"60 % des personnels des écoles déclarent une dégradation de leurs conditions de travail"
Les personnels dénoncent une politique d’inclusion menée sans les moyens nécessaires. Les syndicats pointent également des situations de plus en plus complexes, “souvent sans accompagnement adapté, sans formation suffisante et avec des effectifs toujours trop chargés”.
L’école inclusive ne peut pas “reposer uniquement sur l’engagement et l’épuisement des personnels”, selon la FSU-SNUIpp de Côte-d’Or. La situation de l’école En Saint-Jacques à Chenôve serait loin d’être un cas isolé, “60 % des personnels des écoles déclarent une dégradation de leurs conditions de travail.” Un phénomène qui toucherait également des écoles plus rurales, à la campagne. (...)