Après un an de suspension, l’Autriche a réintroduit le regroupement familial mais a instauré des quotas dans le but de limiter, à partir du mois de juillet, le nombre des arrivées secondaires, en fonction des capacités d’accueil du pays.
En avril 2025, le Parlement autrichien avait autorisé la suspension du regroupement familial pour les réfugiés statutaires et les bénéficiaires d’une protection subsidiaire dans le pays. La mesure était entrée en vigueur en juillet. Six mois plus tard, en décembre, le Parlement a voté la prolongation pour six mois supplémentaires de cette mesure.
"Système éducatif surchargé"
Le Parlement avait justifié cette prolongation en arguant "que le système éducatif autrichien et d’autres services", comme les centres d’hébergement "sont surchargés". Le regroupement familial mettrait ainsi "en péril l’ordre public et la sécurité intérieure".
Le gouvernement a annoncé dès le mois de mars 2026 la mise en place de quotas et avait déclaré qu’ils pourraient être "très bas" dès le départ.
Le regroupement familial est une politique encadrée et garantie par le droit européen sur l’asile et l’immigration. Et une suspension de ce droit ne peut devenir définitive sans une validation de l’Union européenne. (...)
Expulsions de Syriens et d’Afghans
En 2023 et 2024, selon le gouvernement, plus de 17 000 personnes sont venues en Autriche, un pays de 9,2 millions d’habitants, via le regroupement familial, la majorité étant des enfants, la plupart venus de Syrie.
"Cet afflux énorme impose un fardeau à l’éducation, la santé, les affaires sociales, l’intégration et augmente la délinquance juvénile", avait déclaré le ministère de l’Intérieur.
Après la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024, le débat sur l’accueil des Syriens a ressurgi en Autriche, comme partout en Europe. Vienne a même offert la somme de mille euros aux Syriens acceptant de repartir dans leur pays, après une annonce de l’ex-chancelier Karl Nehammer.
Le pays a également été le premier à reprendre les expulsions de réfugiés vers la Syrie. (...)
Le gouvernement de coalition entre les conservateurs, les sociaux-démocrates et les libéraux fait partie de ceux qui poussent au durcissement de la politique migratoire dans l’UE, notamment sur la création de "hubs de retour" pour les déboutés de l’asile.