Il y a un an, le Gabon annonçait sa volonté de ne pas renouveler l’accord de pêche signé avec l’Union européenne et qui permettait jusque-là à une trentaine de navires européens de venir pêcher des espèces thonières dans les eaux gabonaises. Le gouvernement gabonais juge « insuffisante » la contribution financière de 2,6 millions d’euros que lui versait l’UE. À quelques jours de la date d’expiration, le 28 juin prochain, les négociations se poursuivent mais s’annoncent difficiles.
(...) à compter du 29 juin 2026, plus aucun bateau européen ne pourra pêcher dans les eaux gabonaises, une première depuis près de 40 ans. (...)
« Nous ne pouvons plus accepter un modèle où nos ressources sont simplement exportées brut »
« Ces contributions financières et le soutien à l’économie locale étaient minimes par rapport à la richesse prélevée, balaye Aimé Martial Massamba, ministre de la Mer, des Pêches et de l’Économie bleue du Gabon. L’Union européenne a manifesté la volonté de négocier un nouvel accord "gagnant-gagnant", ce qui sous-entend que le précédent ne l’était pas au profit du Gabon. » À moins de 15 jours de l’échéance, les négociations s’annoncent difficiles, d’autant que les exigences du Gabon ne sont pas seulement financières. « Cet accord ne répondait plus aux ambitions de développement du Gabon. Nous ne pouvons plus accepter un modèle historique où nos ressources sont simplement capturées, exportées brutes sans aucune valeur ajoutée créée sur le sol gabonais », insiste le ministre. (...)
l’engagement affiché des Européens en faveur de la pêche durable ne convainc pas Aliou Ba, responsable de la campagne Océan pour Greenpeace Afrique : « Pour que ces accords puissent être durables, il faudrait que ces navires ne puissent pas utiliser des moyens de pêche destructifs comme le chalut de fond, pointe-t-il. Enfin, même si l’objectif est d’approvisionner le marché européen, il faudrait que la transformation des ressources prélevées puisse être faite localement. » Avant le Gabon, le Sénégal avait déjà rompu l’accord de pêche signé avec l’Union européenne fin 2024. (...)
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– (BBC, novembre 2024)
Ce que l’on sait du non-renouvellement de l’accord de pêche entre le Sénégal et l’UE
En 2014, le Sénégal avait signé un accord de partenariat pour une pêche durable avec l’Union européenne, en contrepartie de 1,7 million d’euros par an, permettant aux navires européens de pêcher dans ses eaux territoriales. Renouvelé en novembre 2019 pour cinq ans, ledit accord a pris fin le dimanche 17 novembre 2024 à minuit et ne sera pas renouvelé cette fois-ci. (...)
Jean-Pierre Bazard Jpbazard, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons