La militante prodémocratie Chow Hang-tung, organisatrice de veillées en mémoire de la répression de Tiananmen par les autorités chinoises le 4 juin 1989, a affirmé mardi 19 mai devant un tribunal de Hong Kong qu’elle « revendiquait pleinement » les actes pour lesquels elle est jugée, au cours de sa plaidoirie finale. Elle risque dix ans de prison.
Hong Kong et Macao ont longtemps été les seuls endroits du territoire chinois où il était possible de commémorer publiquement la répression sanglante des manifestations prodémocratie du 4 juin 1989, place Tiananmen à Pékin. Mais en 2020, le pouvoir chinois a imposé une loi sur la sécurité nationale à l’ancienne colonie britannique après les manifestations prodémocratie massives et parfois violentes de 2019. Les veillées ont alors été interdites.
À 41 ans, Chow Hang-tung comparaît aujourd’hui pour « incitation à la subversion » aux côtés de son ancien collègue Lee Cheuk-yan, 69 ans, avec lequel elle organisait ces veillées annuelles à la bougie. Tous deux risquent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.
Ex-dirigeants d’une organisation politique aujourd’hui dissoute, l’Alliance de Hong Kong, ils ont été inculpés en 2021 et maintenus en détention depuis. Leur procès s’est ouvert en janvier, condamné par Amnesty International et Human Rights Watch comme une « tentative de réécrire l’histoire ». (...)
En arrivant au tribunal mardi 19 mai, Chow Hang-tung, avocate assurant sa propre défense, a souri aux personnes venues la soutenir. Devant les juges, elle a dénoncé une affaire « étrange », dans laquelle les faits ne sont pas contestés. « Les accusés ont pleinement revendiqué les actes que l’accusation qualifie de crimes », a assuré Chow Hang-tung à la cour. « Ce qui est véritablement en jeu, c’est ce que la loi réprime et ce qu’elle protège », a-t-elle déclaré.
Accusés d’avoir « mis en danger la sécurité nationale » (...)
La Constitution chinoise « existe pour contrôler ceux qui détiennent le pouvoir, pas pour contrôler les citoyens ordinaires », a-t-elle asséné. « La Constitution elle-même est un outil (...) pour mettre fin aux différentes formes d’autocratie », a expliqué l’avocate. Pour elle, les allégations du ministère public selon lesquelles le groupe encourageait à enfreindre la constitution sont « complètement absurdes ».
Ce 18 mai, Lee Cheuk-yan, syndicaliste de longue date et témoin de la répression de 1989, a déclaré au tribunal qu’il n’éprouvait aucune hostilité envers le Parti communiste chinois (PCC) et qu’il espérait qu’il se réformerait. Un troisième accusé, l’ancien député Albert Ho, 74 ans, a plaidé coupable en janvier.
La justice se saisit de faits antérieurs à 2020 (...)
Le procès a été ajourné jusqu’en juillet, a indiqué le juge Alex Lee à la fin de la séance.
– (Amnesty International)
Pétition : Libérez les militant·e·s emprisonnés à Hong Kong
Depuis septembre 2021, les autorités maintiennent en détention Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan, deux militant·e·s de Hong Kong, pour des accusations d’« incitation à la subversion de l’État ». Le « crime » qui leur est reproché : avoir commémoré la répression de la place Tiananmen. Le tribunal a fixé la date de leur procès à janvier 2026, après plus de quatre ans de détention sans possibilité de libération sous caution, et ils encourent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Signez la pétition, demandez leur libération immédiate.