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RFI
France : non-lieu confirmé dans le scandale sanitaire du chlordécone
#chlordecone
Article mis en ligne le 23 juin 2026

C’est « un jour sombre » pour les victimes du chlordécone : après 20 ans de procédures, la cour d’appel de Paris a confirmé, lundi 22 juin 2026, le non-lieu, fermant la porte à une réouverture de l’enquête pénale dans le scandale sanitaire de ce pesticide utilisé aux Antilles en dépit des alertes sur sa nocivité.

Cette décision, annoncée ce 22 juin par plusieurs avocats de parties civiles, ferme en principe la porte à la réouverture d’une enquête pénale. Trois des avocats de parties civiles qui avaient fait appel du non-lieu prononcé en 2023 par des juges d’instruction parisiennes ont indiqué, à l’issue de la décision, réfléchir à se pourvoir en cassation. (...)

« Crimes coloniaux »

« On dirait que des crimes coloniaux et racistes, comme l’empoisonnement au chlordécone, sont des détails de l’histoire de France qui ne méritent aucune réparation digne de ce nom », a lancé Me Georges-Emmanuel Germany, avocat d’une partie civile, interrogé par l’AFP.

Le chlordécone, qui fut répandu dans les bananeraies pour lutter contre le charançon, est au cœur de cette affaire tentaculaire, entre les mains de la justice française depuis deux décennies. Le produit peut rester dans les sols jusqu’à 600 ans. Plus de 90% de la population adulte, en Guadeloupe et en Martinique, est contaminée, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui a conclu en juillet 2021 à une relation causale probable entre chlordécone et risque de cancer de la prostate. Le dossier suscite une colère toujours vive aux Antilles. (...)

« Justice ! Réparation ! », avaient scandé samedi 20 juin place de la Bastille à Paris la centaine de manifestants rassemblés, notamment, à l’appel du collectif Diasporas solidaires avec les victimes de l’empoisonnement colonial (Dsavec). (...)

Dans leur non-lieu de 2023, les magistrates parisiennes avaient pourtant reconnu un « scandale sanitaire » et une « atteinte environnementale » qui « affecteront pour de longues années la vie quotidienne » des ultramarins concernés. Mais l’ordonnance, dont l’AFP a eu connaissance, pointait aussi la difficulté de « rapporter la preuve pénale des faits dénoncés », « commis 10, 15 ou 30 ans avant le dépôt de plaintes ».

La loi sur la reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans ce dossier, promulguée récemment, donne un an au gouvernement pour remettre au Parlement un rapport sur les modalités d’indemnisation.