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EU Asile et migration : un tournant historique inquiétant
#UE #pacteMigratoire #migrants #immigration
Article mis en ligne le 2 juillet 2026
dernière modification le 27 juin 2026

Le Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté en 2024, est entré en vigueur le 12 juin 2026. Le texte défait le droit d’asile, acte un durcissement sans précédent des politiques migratoires et porte atteinte aux droits des personnes exilées.

Le Pacte européen sur l’asile et la migration, adopté le 10 avril 2024, est composé de 10 textes, 9 règlements, qui entrent directement dans le droit national, et d’une directive, qui laisse plus de marge aux pays européens dans son application. Depuis le 12 juin, tous les pays membres de l’Union européenne (UE) sont tenus de l’appliquer. L’objectif du Pacte est de durcir la politique migratoire de l’UE, d’imposer des règles communes de gestion accélérées des procédures d’asile et de retour, tout en instaurant un mécanisme de soutien entre États membres pour limiter l’immigration dans certains pays.

Certaines mesures concernant le retour des migrants en situation irrégulière inquiètent particulièrement les associations de soutien aux exilés et de défense des droits de l’Homme. Force est de constater qu’elles s’inspirent en partie des pratiques d’externalisation de la gestion migratoire américaine, les États-Unis ayant aussi massivement étendu leurs centres de rétention. Par exemple, la création de nouvelles « zones d’attentes » pour le déroulement des procédures dans des pays européens ou dans des pays tiers, ouvre la possibilité de maintenir en détention, le temps de l’examen des dossiers, et jusqu’à six mois, les personnes dans des camps de rétention frontaliers ou hors UE.

Les associations et la société civile alertent sur le risque de voir s’étendre des lieux de détention massive et de violations des droits humains. Sont cités en exemple, en France, la zone d’attente pour personnes en instance de Roissy dénoncée par l’Anafé et par d’autres associations dont France Terre d’Asile et Amnesty International pour les conditions de maintien déplorables, « nourriture insuffisante et conditions sanitaires dégradées, difficultés d’accès aux soins, absence d’information sur les droits et d’accès à un juge » et le camp de l’île de Samos en Grèce, « camp sous haute surveillance, dépourvu des infrastructures et des services les plus élémentaires ». En outre, les organisations s’alarment également de la possibilité d’expulser vers des pays tiers  partenaires et de l’accélération des procédures de demandes d’asile.(...)

Règlement « Retour » : un recul historique (...)

La gauche et les organisations non gouvernementales dénoncent un recul historique, qui porte atteinte aux droits fondamentaux des personnes exilées et au droit international. « En institutionnalisant des pratiques d’enfermement et d’expulsions massives, le Parlement européen remet en cause les valeurs de l’UE. L’État de droit est attaqué par les instances censées le protéger et censées protéger les personnes exilées, s’indigne Amnesty International. Les politiques européennes s’inscrivent dans une tendance croissante qui font des personnes exilées des boucs émissaires. Ce qui se joue doit nous alerter collectivement. Nous, associations, société civile, continuerons de protéger les personnes exilées et défendrons leurs droits ».