Un groupe de parlementaires européens a affirmé, dans un un communiqué, avoir été empêchés de visiter un centre de rétention italien en Albanie. Les eurodéputés souhaitaient mener une "inspection complète des installations" du centre de Gjader alors que le règlement européen autorisant les "hubs de retour" a été adopté le 17 juin.
"La visite d’aujourd’hui a été très décevante et honteuse". Dans un communiqué publié lundi 29 juin, Tineke Strik, eurodéputée néerlandaise membre du Groupe des Verts/Alliance libre européenne, a exprimé son indignation d’avoir été empêchée de mener une "inspection complète des installations" du centre de rétention de Gjader, en Albanie. Avec d’autres parlementaires européens, elle souhaitait visiter ces lieux où l’Italie entend externaliser les demandes d’asile.
Ouverts à l’automne 2024, les centres de Gjader et Shengjin sont nés d’un accord entre le gouvernement de Giorgia Meloni, cheffe du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, et celui de l’Albanais Edi Rama, en vertu duquel les migrants arraisonnés dans les eaux italiennes seront transférés en Albanie pour y demander l’asile.
Cet accord d’une durée de cinq ans, dont le coût pour l’Italie est estimé à 160 millions d’euros par an, concerne les hommes adultes interceptés par la marine ou les gardes-côtes italiens dans leur zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) dans les eaux internationales.
Les migrants y sont hébergés dans des préfabriqués qui - quand l’AFP a pu s’y rendre à l’été 2024 avant les premières arrivées - étaient soumis à la chaleur. (...)
"Le personnel nous a vraiment mis énormément de bâtons dans les roues. Nous n’avons obtenu aucune donnée, ils n’ont répondu à aucune question et nous n’avons pas été autorisés à entrer réellement dans les cellules pour voir quelles étaient les conditions sur place", a encore déploré Tineke Strik.
"En ce qui concerne les personnes avec lesquelles nous avons tout de même réussi à parler, il est clair qu’elles ont des difficultés à demander l’asile et que beaucoup d’entre elles ne voient aucune issue", a-t-elle ajouté. (...)
Les "hubs de retour" autorisés par l’UE
Très critiqué, l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie a connu de nombreux revers juridiques. Invoquant le droit européen, des juges italiens du droit d’asile ont retoqué de nombreux transferts de migrants vers l’Albanie. (...)
Mais l’adoption mi-juin par le Parlement européen d’une réforme prévoyant des "hubs de retour" pour migrants en dehors de l’UE pourrait mettre fin à ces obstacles. (...)