Les demandes de placement en redressement judiciaire des librairies Furet du Nord, Decitre et Gibert illustrent la crise que traverse le secteur. La présidente du Syndicat de la librairie française alerte aussi sur les effets d’une concentration inédite entre les mains de groupes puissants.
Difficultés financières, indépendance et liberté d’expression, conséquences de l’« affaire Grasset » et de la concentration éditoriale… Le programme des Rencontres nationales de la librairie (RNL), organisées à Rennes (Ille-et-Vilaine) les 7 et 8 juin par le Syndicat de la librairie française (SLF), reflète la crise multiforme que traverse le monde du livre. (...)
À un an de la présidentielle de 2027, alors que Vincent Bolloré accélère son offensive dans l’édition et que des librairies sont prises pour cibles par l’extrême droite depuis 2024, l’événement prend une résonance politique particulière. Alexandra Charroin-Spangenberg, présidente du SLF (syndicat patronal qui représente les librairies indépendantes au niveau national), fait le point. (...)
Les libraires font face à des groupes éditoriaux qui tendent en effet à se concentrer énormément – avec notamment des groupes comme Editis, qui appartient à Daniel Křetínský, Hachette, qui appartient à Vincent Bolloré, et Média-Participations, qui appartient à Vincent Montagne.
Cela pose des questions en termes de pluralité et de diversité éditoriale d’une part et, effectivement, d’autre part, le rapport de force n’est pas en notre faveur. (...)
Si les librairies sont autant attaquées, cela veut cependant dire que la culture est puissante et qu’elle représente un danger pour les idées extrémistes. (...)
Il y a trois ans, Vincent Bolloré a racheté le groupe Hachette et pris le contrôle des éditions Fayard notamment, qui publient aujourd’hui beaucoup d’auteurs politiques d’extrême droite. C’est une forme de concentration inédite où les groupes puissants comme Vivendi contrôlent à la fois des médias, des maisons d’édition, des points de vente du livre, des agences de publicité, des salles de spectacle. Même pendant l’Occupation, les maisons d’édition n’ont pas eu ce pouvoir de diffusion des idées. Ce n’est pas anodin. Nous en appelons donc à la vigilance.
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