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Amnesty International dénonce la coopération migratoire entre la Libye et l’UE alors que la répression contre les migrants s’intensifie dans le pays
#UE #Libye #migrants #immigration #expulsions
Article mis en ligne le 24 juin 2026

L’ONG Amnesty International a dénoncé mardi la volonté de l’Union européenne de renforcer sa coopération avec les autorités libyennes, notamment de l’est, alors que la répression visant les migrants s’intensifie dans le pays. Ces dernières semaines, des milliers de migrants ont été arrêtés dans le pays et envoyés en prison. Des Soudanais ont aussi été expulsés vers leur pays d’origine, selon Amnesty International.

Dans un rapport publié mardi 23 juin, Amnesty International déplore la répression menée à l’encontre des exilés en Libye, qui s’est encore intensifiée ces dernières semaines. Les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, "mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales (…) visant les personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes", affirme l’ONG.

Depuis quelques semaines, les autorités libyennes organisent des raids dans les quartiers fréquentés par les Subsahariens et interpellent les exilés dans la rue ou leurs habitations. "Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs", racontait début juin à InfoMigrants Ibrahim*, un Guinéen vivant à Tripoli. Les migrants sont ensuite envoyés en centre de détention, où ils risquent d’être victimes d’abus et de violences. (...)

"Des milliers de personnes réfugiées, demandeuses d’asile et migrants ont été arrêtées dans tout le pays, notamment à Ajdabiyah, Al Bayda, Benghazi, Derna, Sabratha, Sabha, Syrte, Tripoli et Tobrouk", affirme Amnesty International.

Les autorités de l’est de la Libye, région contrôlée par le maréchal Khalifa Haftar, ont annoncé le 24 mai avoir interpellé entre 7 000 et 8 000 migrants, notamment des ressortissants soudanais, dans le but de les expulser vers leur pays d’origine, selon l’ONG.

Appels au meurtre (...)

"Mépris choquant pour le droit international"

Malgré la détérioration des conditions de vie des migrants, déjà très dures, l’Union européenne (UE) veut étendre sa coopération en Libye avec les autorités de l’est. (...)

"Étendre cette coopération aux groupes armés basés dans l’est du pays, connus pour commettre des crimes de guerre (...) en toute impunité, reflète un mépris choquant non seulement pour le droit international mais également pour la vie et la dignité humaines", a tancé Diana Eltahawy, directrice adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International. Cette dernière exhorte les États membres de l’UE à "mettre un terme à leur complicité dans les crimes de droit international [en Libye] et suspendre leurs politiques visant à retenir les personnes réfugiées en Libye, à cause desquelles ces personnes sont prises au piège dans des cycles de violence".