Deux des quatre policiers mis en examen à Marseille pour avoir tiré au LBD et fracassé le crâne de Hedi avaient déjà commis de graves violences. Mediapart a eu accès à des documents qui révèlent que la direction de la police de Marseille, informée, n’avait pris aucune mesure disciplinaire à leur égard. Une impunité au coût dramatique.
Il s’agit de David B., d’abord. Mediapart avait déjà révélé qu’il est suspecté d’avoir fracassé le crâne d’une jeune fille, Angelina (plus connue sous le pseudonyme de Maria), en décembre 2018. Après avoir été classée sans suite, une instruction vient d’être rouverte. À l’époque, la hiérarchie de David B. n’avait déclenché aucune enquête administrative.
Or selon nos informations, David B. est également impliqué dans une troisième affaire, plus récente, pour laquelle il est visé par une enquête préliminaire, ouverte en avril, pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » (PDAP).
Gilles A., ensuite. Lui aussi a été impliqué dans une affaire de violences policières gratuites. Si la justice a classé l’affaire sans suite, des documents que nous avons récupérés démontrent son implication et l’inquiétude provoquée par cette affaire au sein de la police marseillaise.
David B., un policier au coup de poing facile
Mediapart est parvenu à retrouver la trace de Thomas, 20 ans, qui a été victime de David B. Encore très inquiet quelques années après les faits, il préfère conserver son anonymat. « S’il me retrouve, je ne sais pas ce qu’il pourrait me faire », s’inquiète-t-il, en parlant de David B. « Je suis heureux de ne plus habiter à Marseille. » Cet étudiant en école d’ingénieurs a « peur des représailles » de celui qui l’a agressé dans la nuit du 9 au 10 avril. (...)
Deux mois après avoir cogné Thomas, David B. a réitéré. Cette fois sur Hedi, qu’il a roué de coups à l’abri des regards, comme nous l’avions révélé dans les vidéos de caméra de surveillance publiées ici. Et, ce soir-là, sa commandante Virginie G., présente également, a de nouveau couvert ses violences en les niant. Puis après avoir été confrontée aux enregistrements, elle a expliqué ne les avoir pas vues.
Quand la violence du major Gilles A. « embarrasse » sa hiérarchie
David B. n’est pas un cas isolé. À ses côtés, le soir où Hedi a été grièvement blessé, le major de police Gilles A. a participé au tabassage du jeune homme avec des gants coqués, dont le port est pourtant strictement interdit. Lui aussi est connu de sa hiérarchie pour des faits de violence. (...)
Interrogée sur l’absence de sanction, l’ancienne DDSP, Virginie Brunner, ne nous a pas répondu. Elle a entre-temps été promue, par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, directrice centrale de la sécurité publique.