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France24/AFP
Affaire des "ports africains" : Bolloré tente de récuser ses juges parisiens
#Bollore #justice
Article mis en ligne le 6 juin 2026
dernière modification le 29 mai 2026

Nouveau rebondissement dans l’affaire où Vincent Bolloré doit être jugé pour corruption : le milliardaire remet en cause l’impartialité du tribunal de Paris dans le dossier dit des "ports africains", une "manœuvre" dilatoire selon le parquet.

Selon les informations de l’AFP, le chef d’entreprise de 74 ans a saisi jeudi la chambre criminelle de la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, estimant que le tribunal de Paris, qui doit le juger en décembre, "ne présente plus de garantie objective d’impartialité".

Il demande la suspension de la procédure, puis la désignation "d’un autre tribunal correctionnel", devant lequel il plaidera "la nullité de l’entière procédure".

Mi-mars, les juges d’instruction avaient ordonné un procès contre l’homme d’affaires conservateur, présent dans la logistique et les médias (JDD, CNews, Europe 1), notamment pour corruption d’agent public étranger au Togo entre 2009 et 2011.

Mais jeudi, Vincent Bolloré et ses avocats ont fait faux bond au tribunal de Paris qui devait statuer sur les modalités pratiques du procès. Ils ont réservé aux juges la surprise du dépôt devant la Cour de cassation de ces requêtes "en suspicion légitime".

"Urgent de juger"

Le procédé est considéré comme dilatoire par l’accusation, dans un dossier où la défense a multiplié les recours. Le précédent, un ultime appel contre l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, a été déclaré irrecevable mi-mai.

"Il est urgent de juger ces faits, même si la défense fera tout pour nous en empêcher", a tonné le vice-procureur financier Jean-Christophe Michard, soulignant que les premiers faits reprochés au milliardaire dataient de 17 ans.

"Nous sommes confrontés à une difficulté créée par la défense pour manifestement retarder le jugement de ces faits", a-t-il ajouté. (...)

Selon une source proche du dossier, la requête va désormais être examinée par la Cour de cassation qui peut désigner un nouveau tribunal si elle considère suffisants les soupçons sur l’impartialité du tribunal de Paris ou rejeter la demande. Et ouvrir la voie au procès prévu du 7 au 17 décembre.