Ça se passe à Saint-Chély-d’Aubrac, un village de 517 habitants, autour d’un Ehpad qui a du mal à recruter. Quand la préfecture recherche des communes pour accueillir des migrants, le projet est monté. C’est Biniam, réfugié érythréen, qui le premier va s’installer à Saint-Chély pour y travailler, aidé par des bénévoles. Il apprend le métier d’aide-soignant, devient pompier volontaire, entraîneur de foot. Puis viendront Abrehet, Adiam, Joseph, Louis… On a passé la journée à l’Ehpad de Saint-Chély-d’Aubrac, pour discuter avec des soignants natifs de Saint-Chély, d’Asmara ou de Saïgon. Très vite, la géographie laisse place aux histoires…
Quand un camarade, Benjamin, nous parle d’une histoire d’intégration et de solidarité dans un village de son Aveyron natal, on s’est dit « banco », le rédac’ chef va être content. Allons filmer ce village mobilisé pour accueillir des migrants : pas une lutte triste, pas une usine qui ferme.
À l’Ehpad de Saint-Chély-d’Aubrac, je fabrique des parachutes colorés avec Lucien, Liliane et Josette – 84 ans en moyenne. On pose des bouts de scotch et on parle d’un exode, d’une vie à Paris avant leur retour au village natal, cette « diaspora aveyronnaise ».
Louis, médecin vietnamien, amène ces ex-Parisiennes aux toilettes : il est devenu, ici, aide-soignant. Adiam, réfugiée érythréenne, revoit ses cours de français pour mieux comprendre les résidents dont elle prend soin.
On a donc passé la journée à l’Ehpad de Saint-Chély-d’Aubrac, pour écouter leurs histoires de migrations, de solidarité et de sauts en parachute.