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la Cimade
Une politique d’expulsion de plus en plus répressive
Article mis en ligne le 23 janvier 2020

Alors que le gouvernement publie aujourd’hui ses statistiques annuelles sur l’immigration avec notamment celles liées aux expulsions, La Cimade analyse les principales évolutions et leurs conséquences à partir de ses propres indicateurs plus précis.

La divulgation annuelle des statistiques concernant les expulsions par le gouvernement en place, comme ses prédécesseurs, est traditionnellement une opération de promotion en trompe-l’œil.

Elle met l’accent sur le nombre d’expulsions réalisées vers des pays tiers en dehors de l’Union européenne. Plus ce nombre est élevé, meilleure serait la politique menée. Cette opération de communication travestit la réalité et occulte le caractère de plus en plus répressif de cette politique.

Entre 2015 et 2018, le nombre d’obligations de quitter le territoire français a ainsi augmenté de 30 % (de 80 000 à plus de 100 000 – données Eurostat – 2019 pas encore communiquées). Dans le même temps, leur taux d’exécution a chuté de 17 à 12 %. Dans ce contexte, annoncer que le nombre de personnes expulsées a augmenté n’a pas grand-sens.

Les constats et les chiffres rassemblés par La Cimade en 2019, en particulier dans les centres de rétention où elle intervient (Mesnil-Amelot, Bordeaux, Hendaye, Rennes, Toulouse, Les Abymes – Guadeloupe, Cayenne – Guyane), montrent le caractère de plus en plus violent et répressif de cette politique et l’éclaire sous un jour très différent.
Contrôle et enfermement des personnes migrantes se développent (...)

Enfermement en rétention + 37 % (...)

Silence sur la majorité des expulsions depuis l’outremer marquées par des violations des droits (...)

Trois morts en rétention (...)

90 jours d’enfermement

La durée maximale d’enfermement qui a doublé suite à l’adoption de la loi Collomb pèse lourdement sur les personnes enfermées pour un nombre d’expulsions supplémentaires minime (voir le graphique ci-dessous).
Détournement de la rétention pour expulser les personnes dublinées (...)

Enfants enfermés + 56 % en métropole (...)

Une volonté d’expulser y compris vers les pays les plus dangereux (...)