Une association va t-elle subir une coupe de ses financements publics à cause de son opposition au projet de Center Parcs dans les Chambaran ? C’est ce que dénonce la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), l’une des plus importantes associations environnementales de la région. Dans une lettre du 17 novembre au Conseil général de l’Isère , Francis Meneu, le président de la section Isère de la fédération, évoque des « pressions inacceptables ».
(...) Le projet de Center Parcs en Isère a fait l’objet d’avis négatifs des experts consultés. « Les décisions ont été prises de manière non transparente », souligne Francis Meneu. Malgré les pressions, la Frapna a déposé un recours en référé au tribunal administratif de Grenoble, demandant la suspension de deux arrêtés préfectoraux. « Ces recours pourraient entrainer la suspension des travaux, prévient Francis Meneu. C’est rare, mais vu l’absence de concertation, ce ne serait guère étonnant. »
Dans l’attente de l’audience au tribunal le 12 décembre, le chantier est arrêté depuis quelques jours. Suite au lancement d’une zone à défendre en lisière du site le 30 novembre, des opposants ont rendu la route d’accès au chantier inaccessible et occupent les préfabriqués construits pour les ouvriers. Le président du Conseil général de l’Isère vient de réaffirmer que « le concept même de Center Parcs est écologique » [2]. Ironie du sort, le ministère de l’Écologie rappelle dans un rapport publié le 5 décembre, que de « multiples pressions s’exercent sur la biodiversité et menacent la survie de nombreuses espèces ». Entre autres causes du déclin de la faune et de la flore, le document cite « le drainage des zones humides ». Pour Francis Meneu, c’est clair : « la qualité et la richesse même de cette zone humide [dans les Chambaran] en font un lieu incompatible pour pouvoir accueillir une ville nouvelle de plus de 5000 habitants. On ne lâchera rien. »