Interrogé vendredi sur Franceinfo, en pleine brouille entre Rome et Paris sur le dossier de l’immigration, le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration a affirmé que près de la moitié des migrants qui arrivent en Italie sont originaires de pays francophones. Les Ivoiriens sont, selon lui, "la première nationalité qui débarque en Italie".
"Il y a aussi des Guinéens et des Maliens. Ces personnes sont peu enregistrées (par les autorités italiennes) pour une partie d’entre elles et donc se dirigent immédiatement vers la France", a-t-il avancé. (...)
"C’est pour ça que les tensions entre les deux pays sont fortes. On a une augmentation des tentatives de passage à travers les Alpes parce que, justement, ce sont pour beaucoup d’entre elles des nationalités où on parle le français", a poursuivi Didier Leschi.
Or, a-t-il déclaré, "l’ensemble du mécanisme européen suppose d’abord qu’il y ait un enregistrement dans le premier pays et qu’après, il y ait une discussion entre les différents pays, en particulier avec la France, et pour ceux qui relèvent vraiment" du statut de réfugié, "qu’il y ait une répartition". "Il y a urgence à organiser mieux la répartition de la charge de l’asile dans l’ensemble de l’Union" européenne, a encore insisté le directeur général de l’Ofii. (...)
"Incapable de régler les problèmes migratoires"
La Première ministre française Elisabeth Borne a, elle, annoncé fin avril la mobilisation de 150 policiers et gendarmes "supplémentaires" pour faire "face à une pression migratoire accrue à la frontière italienne" ainsi que la création d’une "border force" (force aux frontières).
Interrogé sur cette situation, le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a déclaré, jeudi, sur RMC, que la Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni était "incapable de régler les problèmes migratoires sur lesquels elle a été élue".
Ce sont ces propos qui ont suscité une nouvelle poussée de fièvre, sur ce sujet qui empoisonne les relations diplomatiques entre les deux alliés. Ils ont ainsi provoqué l’annulation jeudi de la première visite à Paris du ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. Ce dernier a exigé des excuses du ministre français de l’Intérieur.