Petit garçon, Max se rêvait en Sherlock Holmes. Après avoir travaillé quelques années dans le milieu associatif, il entre dans la police à 27 ans, pour « faire de l’humain » et *_« défendre la veuve et l’orphelin ».
Une vision « un peu naïve », confie-t-il après dix ans de métier durant lesquels les enquêtes ont laissé place à des affaires moins glorieuses.
« Les premières années, je n’ai pas ressenti de pression politique. Mais il y a eu un point de bascule avec Macron. » Le policier est en colère : « Depuis deux ans, on fait de la merde. On place en garde à vue des gilets jaunes et des vendeurs de clopes à la sauvette pour qu’on dise que la police fait régner la paix sur le XVIIIe arrondissement de Paris ! »
Et le confinement n’a pas arrangé les choses. « Les contraventions pour non-respect du confinement étaient enregistrées dans un fichier informatique, explique l’OPJ. À la quatrième contravention, c’était considéré comme un délit. Aujourd’hui, il y a des gens qui ont été condamnés à de la prison ou qui sont en détention provisoire pour non-respect du confinement ! Et il y a parmi eux beaucoup de jeunes de quartier avec qui certains policiers avaient des comptes à régler. »
Si Max a été agréablement surpris par la diversité sociale des gardiens de la paix, il n’avait pas anticipé le racisme ambiant : « Dès l’école de police, il y a un discours néocolonialiste :
« On nous dit que la banlieue est une jungle peuplée de sauvages. (...)
Sur le racisme comme sur les violences policières, pour Max, le problème vient de l’institution en elle-même. « Il y a des violences policières et un racisme qui sont systémiques, liés à la formation, à l’impunité, aux ordres reçus… »
Aujourd’hui, le policier a atteint ses limites. Il a déjà prévenu sa hiérarchie qu’il démissionnerait l’année prochaine. (...)