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La Croix
Police : toujours pas d’alternative à la clé d’étranglement
Article mis en ligne le 6 septembre 2020

Le directeur de la police nationale avait annoncé en juin l’abandon progressif de la technique d’interpellation controversée, dite de la clé d’étranglement. Le groupe de travail qui devait avancer des solutions de remplacement avant le 1er septembre n’a finalement pas encore rendu de conclusion, faute de consensus. (...)

La fin de la clé d’étranglement se fait attendre. Le 15 juin dernier, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, annonçait pourtant la création d’un groupe de travail qui devait fournir « avant le 1er septembre » ses conclusions. Son rôle : trouver une « technique de substitution » à cette méthode controversée, qui consiste à exercer une pression sur le cou d’une personne pour le maîtriser et l’interpeller. (...)

 Il y a du retard parce qu’ils ne veulent mécontenter personne, ils marchent sur des œufs. Ce travail a été lancé à l’aveuglette », regrette Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat Vigi, qui ne fait pas partie du groupe du travail.

Une mesure sensible

Il faut dire qu’au sein de la maison police, la mesure est sensible. Le 8 juin dernier, Christophe Castaner, alors ministre de l’intérieur, annonçait l’abandon de la technique d’étranglement avant de faire volte-face une semaine plus tard, sous la pression des policiers opposés à son interdiction. La technique pourra continuer d’être employée « avec mesure et discernement » avant d’être « remplacée au fur et à mesure de la formation individuelle dispensée » sur la base des « résultats du groupe de travail », a annoncé Frédéric Veaux le 15 juin.
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Les syndicats sont toujours attachés au maintien de la technique qui, selon eux, est adaptée à la maîtrise de personnes violentes. « Il n’est pas simple de trouver une technique alternative et il n’y a pas réellement de consensus. Le groupe aimerait avoir un délai pour pouvoir bien travailler », expose Emmanuel Pasquier, délégué national formation chez Unité SGP-Police. « Le gouvernail d’un corps, c’est la tête. Si on ne maîtrise pas le gouvernail, on ne maîtrise pas le reste », plaide Denis Hurth (...)

Le changement à apporter, selon certains, est avant tout sémantique. « C’est assez sauvage comme terme, poursuit Denis Hurth, donc on cherche une autre appellation pour parler d’une technique similaire, une maîtrise de l’individu par la tête. »

Blocage volontaire ?

Du côté de la gendarmerie, qui a abandonné la technique depuis 2002 selon son directeur général Christian Rodriguez lors d’une audition au Sénat en juillet, l’analyse est plus critique. « Les policiers ne font pas forcément d’effort pour trouver une alternative, ils ne veulent pas perdre quelque chose qui est ancré dans leurs habitudes », cingle un gendarme.
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Preuve qu’une alternative est possible, les gendarmes utilisent par exemple le « contrôle par le bras », explique Frédéric Le Louette, sous-officier de gendarmerie et président de l’Association professionnelle nationale de militaires GendXXI (...)