Prosélytisme raciste au sein de la police municipale de Marseille. En récidive. Le Point avait révélé en 2018 qu’un de ses directeurs, Alain Q, publiait sur son profil Facebook des messages racistes et antimusulmans. À l’époque, Marc Labouz, le patron de la première police municipale de France, avait promis de sévir. Malgré la mobilisation d’associations antiracistes, le numéro deux de la police marseillaise n’a jamais fait l’objet d’aucune sanction.
Cette fois, c’est la base qui se lâche. Un policier municipal, considéré comme d’« ultradroite » et particulièrement virulent contre les Roms, qu’il assimile à des « rats », appelle les citoyens à s’armer pour se protéger eux-mêmes et demande aux chasseurs de prendre les armes pour défendre la France qui serait, selon lui, « en train de mourir ». Commentant en se filmant certaines de ses interventions en service, on l’entend dire en voix off : « Maintenant, y en a ras le cul. Maintenant, à chaque fois que je vais passer [devant un campement de Roms, NDLR], je vais ameuter tout le monde, il faudra m’abattre, car je ne vais pas m’arrêter. Marseille, on est le 28 mai 2020. »
Policier municipal séditieux
Selon nos informations, ce racisme caractérisé doublé d’un appel aux armes a attiré l’attention des antennes locales des services de renseignements. Le patron de la police aurait été saisi. Le directeur a donc convoqué son agent et lui a demandé d’effacer ses contenus haineux. Mais dans le service de sécurité de la cité phocéenne, on semble vouloir s’affranchir des règles en vigueur : aucune sanction, ni conseil de discipline n’est envisagé. Ici, on règle ses affaires en famille. Le Parquet national financier, qui enquête depuis plus de deux ans, a pu le vérifier en s’intéressant aux pratiques administratives locales. (...)
Les commentaires laissés par ses amis sont effrayants : certains appellent à brûler le camp de Roms où vivent des familles ; d’autres dénoncent une « ethnie pouilleuse ». (...)