Depuis l’attentat de la préfecture de police de Paris, Macron et son gouvernement mènent une campagne islamophobe assimilant musulmans et terroristes. Porter une barbe serait un signe de radicalisation ; mais comment qualifier une entreprise qui aurait versé 13 millions d’euros à Daesh ?
En Macronie, l’heure est à la vigilance. Il faut lutter sans relâche contre « l’hydre islamiste ». Castaner fait la liste des signes de radicalisation, citant notamment le port de la barbe ou encore une pratique religieuse exacerbée pendant le mois de ramadan.
Dans son discours d’hommage aux quatre victimes de Mickaël Harpon, Emmanuel Macron a appelé les « Français » à « savoir repérer les petits gestes à l’école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi, les relâchements, les déviations, ces petits gestes qui signalent un éloignement d’avec les lois et valeurs de la République. »
Castaner a également fait part de sa volonté que chaque signe de radicalisation fasse l’objet d’un signalement automatique. Une fermeté manifeste envers les musulmans pratiquants, ou perçus comme tels, présentés comme de véritables ennemis de l’intérieur qu’il faut absolument démasquer. Français, ouvrez l’œil. L’ennemi rôde.
Le discours n’est pas nouveau, loin de là. L’« irréductible esprit français de résistance » face à « l’hydre islamiste », on (re)connaît la rengaine, à laquelle s’ajoute la volonté de l’Elysée d’ouvrir un débat sur l’immigration ; bien déterminé à sortir gagnant de la nouvelle polarisation de la vie politique française opposant La République en Marche au Rassemblement National, Macron fait un appel du pied évident à l’électorat de droite, bien à droite.
À l’heure où LCI diffuse sans interruption ni commentaire le discours de haine d’Éric Zemmour, à l’heure où ce même Éric Zemmour aura droit à sa propre émission dès la semaine prochaine sur CNEWS, à l’heure où des femmes voilées se font poignarder en pleine rue, ce discours renforce encore un peu plus la haine anti-musulmans, de plus en plus virulente.
Quand les multinationales françaises sont accusées de financer le terrorisme (...)
la justice doit encore se prononcer sur le groupe Lafarge, qui aurait financé Daesh, sans que cela choque le président qui se veut champion de la lutte anti-terroriste,
En effet, en 2018, le groupe Lafarge, leader mondial des matériaux de construction et fleuron de l’industrie française, a été mis en examen pour « violation d’un embargo », « mise en danger de la vie d’autrui », « financement d’une entreprise terroriste » et « complicité de crimes contre l’humanité ».
En cause ? Le groupe est soupçonné d’avoir versé près de 13 millions d’euros à des groupes jihadistes, dont Daesh, entre 2013 et 2014, afin de maintenir l’activité d’un de ses sites en Syrie, dans une zone occupée par des groupes islamistes, alors que le pays s’enfonçait dans la guerre. (...)
Si elles sont avérées, l’État français n’a pas découragé ces pratiques, bien au contraire : il a tout fait pour que l’usine continue à tourner le plus longtemps possible. (...)
Par ailleurs, durant l’enquête, plusieurs des responsables mis en examen ont indiqué avoir eu des contacts réguliers avec le ministère des Affaires étrangères et la direction générale de la Sécurité extérieure. L’État était-il au courant que « le plus gros investissement français en Syrie » aurait servi à financer Daesh ? (...)
En jouant la carte de l’ennemi intérieur, Macron marche sur les plates-bandes de l’extrême-droite, mais il s’érige surtout en rempart contre le terrorisme derrière lequel il faut s’unir. Mais la « société de vigilance » qu’il souhaite mettre en place a du mal à passer quand on voit que le capitalisme français est apparement prêt à financer allègrement des organisation terroristes si cela lui permet de protéger ses intérêts à l’étranger.