Alors qu’un premier bilan faisait état d’une vingtaine de morts, les autorités malgaches ont annoncé mardi que 34 migrants avaient péri dans le naufrage de leur embarcation partie de Madagascar pour rallier l’île française de Mayotte. Vingt-quatre personnes ont été secourues, et des recherches lancées pour retrouver les passeurs.
(...) L’embarcation, qui transportait une soixantaine de passagers, a sombré au large du district d’Ambanja, à la pointe nord de Madagascar. Parmi les corps repêchés, les autorités ont découvert ceux de trois enfants, a précisé Jean Edmond Randrianantenaina, directeur de l’Agence portuaire, maritime et fluviale (APMF) de Madagascar. (...)
Une survivante auditionnée
Parmi ces survivants, une jeune femme enceinte a été auditionnée par les enquêteurs au sortir de son hospitalisation. Elle fait partie des 24 personnes secourues par des pêcheurs la nuit du naufrage. Les 23 autres rescapés ont pris la fuite avant l’arrivée des autorités, rapporte l’AFP. (...)
Selon une source à la gendarmerie contactée par l’AFP, l’embarcation a chaviré car elle était trop chargée. Des avis de recherche ont été lancés contre deux Malgaches, un homme et une femme, accusés d’être les passeurs. Ils sont recherchés pour "embarquement illicite et transport clandestin, homicide involontaire des passagers vers Mayotte (...)
Naufrages fréquents et intensification du contrôle frontalier
Les kwassa-kwassa, frêles bateaux de pêche à moteur utilisés pour relier Madagascar ou Les Comores à l’île française de Mayotte, chavirent régulièrement lors des traversées. De nombreux migrants africains et comoriens tentent pourtant chaque année cette dangereuse traversée vers l’archipel dont la moitié de la population est étrangère. L’île comorienne d’Anjouan n’est située qu’à 70 km de Mayotte.
"Nous voyons notamment de plus en plus de Burundais et de Rwandais", expliquait en février 2022 un policier en fonction à Mayotte. "C’est une situation que l’on ne connaissait pas il y a encore 10 ans, et qui prend aujourd’hui des proportions considérables." (...)