Le président de la Ligue des droits de l’homme estime qu’en raison de l’état d’urgence sanitaire, « les oppositions ou protestations citoyennes, associatives ou syndicales sont aujourd’hui bridées ».
Malik Salemkour : Nous restons dans une situation exceptionnelle, où le fonctionnement démocratique n’est pas normal, avec un exécutif aux pouvoirs exorbitants tandis que tous les contre-pouvoirs sont affaiblis. Nous sommes dans une période de libertés confinées et de démocratie confinée. Au sujet de la liberté d’expression et du droit de manifester, nous avons de vraies interrogations sur le maintien d’interdictions sans grande cohérence avec le retour à la vie sociale. (...)
En quoi la liberté d’expression est-elle aujourd’hui confinée ?
Les gens ont de nouveau la possibilité de sortir. Ils peuvent vouloir exprimer des insatisfactions ou des revendications. Mais la prolongation de l’état d’urgence a maintenu en des termes assez ambigus les interdictions de manifester en limitant les regroupements à dix personnes. Les salariés qui veulent défendre, ici, le service public hospitalier où, là, leurs conditions de travail sont-ils interdits de manifestation ? Une chaîne humaine contre les violences policières organisée dans des conditions respectant les gestes-barrières a été empêchée à l’Ile-Saint-Denis (...)
Les oppositions ou protestations citoyennes, associatives ou syndicales sont aujourd’hui bridées. Comme pour les lieux de culte qui vont rouvrir leurs portes, on doit pouvoir trouver des solutions pour permettre cette liberté essentielle en démocratie, dans le respect de règles sanitaires partagées par tous. (...)