Petit tour d’horizon sur les Identitaires en Picardie, avec le chercheur Stéphane François, spécialiste de l’extrême droite. Petit passage également sur les skinheads néonazis du Picard Crew.
Ils collent des affiches et des autocollants dans Amiens et d’autres villes de la région. Ils militent pour une Europe uniformément blanche. Pour propager leurs idées, ils apportent un soin particulier à leur communication. (...)
Nationalement comme localement, les « identitaires » ne sont pas très nombreux. En revanche, leurs idées progressent dans l’espace public. Depuis le 13 juillet dernier, il existe officiellement une organisation politique en Picardie qui se revendique de cette idéologie. Son nom : Génération identitaire Picardie. C’est un nouveau visage de l’extrême droite.
En France, on peut dater la naissance de ce courant politique à avril 2003, avec la fondation du Bloc identitaire. Si les idées que cette organisation porte ne sont pas tout à fait nouvelles, le Bloc identitaire et les différentes formations qui vont se créer dans son sillage vont populariser le terme « identitaire » jusqu’à former un véritable courant politique.
Le Bloc identitaire est, pour partie, l’héritier d’Unité radicale, ce groupuscule violent d’extrême droite qui s’est fait connaître en 2002 après que l’un de ses sympathisants a tenté d’assassiner le président de la République Jacques Chirac, lors du défilé du 14 juillet. Suite à cet attentat manqué, le groupement Unité radicale est dissout en août 2002, par décret, en raison de son encouragement à « la discrimination, la haine et la violence à l’égard de certains groupes de personnes, notamment des étrangers présents sur le territoire français et des Français issus de l’immigration » (voir le Journal officiel du 8 août 2002). Quelques mois après, le Bloc identitaire voyait le jour. Il est l’une des deux principales structures identitaires en France, avec Terre et Peuple.
Mais la leçon de la dissolution d’Unité radicale est retenue. Pour éviter une éventuelle future dissolution, « le Bloc identitaire adopte une stratégie de confédération », explique Stéphane François, spécialiste des droites extrêmes, docteur en science politique et historien des idées à l’université de Valenciennes. Il indique que la mouvance identitaire est une galaxie de petites organisations militantes, souvent ancrées dans un territoire bien défini, et qui ne sont pas liées statutairement les unes aux autres. Si l’une devait être dissoute, cela n’affecterait pas nécessairement les autres.
Les « nôtres » avant les « autres »
Que veulent les identitaires ? Une Europe blanche. « Être identitaire, c’est défendre en toute circonstance, dans son engagement militant, associatif ou syndical, mais aussi dans son comportement quotidien, l’identité ethnique et culturelle dont nous sommes les détenteurs. C’est se conduire en Européen et s’opposer à tout ce qui peut attenter à cette identité », expliquent-ils. (...)