François Hollande a annoncé « un référendum local » sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Pour que ce référendum soit valable, jugent les acteurs, il faut qu’un débat équitable soit organisé, que les habitants des régions Bretagne et Pays de la Loire soient consultés, et que les informations et études sur la table soient exactes.
Dans la soirée du jeudi 11 février, sur le plateau télévisé de TF1 et France 2, François Hollande a annoncé qu’un référendum local serait organisé au sujet du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Le chef de l’Etat a reconnu qu’il y avait un blocage sur ce dossier. « A un moment, il faut prendre une décision et nous savons que les travaux doivent commencer au mois d’octobre, a-t-il expliqué. D’ici le mois d’octobre, je demande au gouvernement, avec les élus locaux, d’organiser un référendum local pour que l’on sache exactement ce que veut la population. »
« Si c’est oui et que la population veut cet aéroport, alors tout le monde devra accepter cette décision. Et si c’est non (...) l’Etat en tirera les conséquences », a-t-il ajouté. (...)
C’est bien sur les modalités d’organisation du référendum que se joue sa validité. Pour Yannick Jadot, eurodéputé écologiste pour la région Grand ouest, "le référendum pourrait tourner à la mascarade, et être manipulé. La démocratie locale, ça s’organise : il faut savoir sur quel périmètre les citoyens sont consultés ; quelle est la question posée ; que l’information des électeurs soit équilibrée ; et que le débat public soit équitable et bien organisé". Le député européen élu dans le Grand Ouest pose d’autres conditions : pour la bonne information des citoyens, "il faut refaire une évaluation coûts-bénéfices du projet, puisque l’on sait maintenant que l’étude actuelle est bidonnée. De même, il faut mettre dans le débat l’étude alternative sur l’optimisation de l’aéroport existant de Nantes-Altantique. Et aussi un schéma régional des transports sur l’ensemble de la région Grand ouest, par exemple sur la répartition des charters."
Citoyens de Bretagne et des Pays de La Loire voteront-ils ? Quelle question sera posée ? Quelles informations seront proposées ? Le débat sera-t-il organisé équitablement ? Des réponses à ces questions découlera la légitimité du référendum proposé. Selon Yannick Jadot, "la Commission nationale du débat public doit s’emparer de ce débat et garantir que les études sont menées dans les bonnes conditions."