Le « débat public » sur le projet Europacity a rendu ses conclusions lundi 12 septembre. Le projet doit artificialiser des terres agricoles à côté de Paris pour bâtir un centre commercial géant. De nombreuses questions restent sans réponse.
(...) Une nouvelle version du projet doit être présentée en décembre 2016.
Europacity doit s’étendre sur 80 hectares de terres agricoles à 20 kilomètres au nord de la capitale. Il comprendrait 230.000 mètres carrés de commerces, 150.000 mètres carrés de surface dédiée aux loisirs (piste de ski, centre aquatique...) et 50.000 mètres carrés d’espaces culturels (salles de spectacle, halle d’exposition...), ainsi que des chambres d’hôtel, des restaurants, des espaces de congrès, etc. Le complexe a vocation à s’intégrer dans le projet de Zac du triangle de Gonesse, 299 hectares d’aménagements urbains desservis par une nouvelle ligne de métro. Le début du chantier d’Europacity est prévu pour 2019, avec une ouverture du site en 2024.
3,1 milliards d’investissements privés
Cette annonce, alors que le porteur de projet disposait d’un délai de trois mois pour livrer sa décision, étonne un peu la présidente de la Commission particulière de débat public Claude Brévan. « C’est la première fois que je vois ça, souligne-t-elle. Mais cette décision a sans doute été prise par souci de transparence et pour rassurer les investisseurs sur le fait que le débat public ne débouche pas sur un abandon du projet. » Le coût d’Europacity est estimé à 3,1 milliards d’investissements privés, dont 2,6 financés par Alliages & Territoires.
Les opposants au projet contestent la décision d’Immochan. « Il ressort du débat public que le projet n’est pas réellement accepté sur le territoire, estime Bernard Loup, co-président du Collectif pour le triangle de Gonesse. Nous allons poursuivre notre mobilisation et nous regarderons les propositions faites dans trois mois. Mais ce projet reste inacceptable. » (...)
Il est ressorti du débat qu’Europacity a suscité « beaucoup de questions relatives au modèle de société qu’il représente », observe le président de la CNDP Christian Leyrit. « De nombreuses personnes ont été frappées par le gigantisme du projet : pour certains, c’était une raison de s’y opposer, mais pour d’autres, parmi lesquels le maître d’ouvrage, c’était au contraire l’enjeu de sa réussite. » Si Alliages & Territoires met en avant un projet « en phase avec la révolution des modes de vie, qui permet d’offrir en un même lieu des activités commerciales, culturelles et de loisirs, des participants dénoncent le développement d’un consumérisme effréné ».
Parmi les points de discorde, les questions environnementales. Alliages et Territoires met en avant un projet quasi-autonome sur le plan énergétique grâce aux énergies renouvelables et en particulier de la géothermie. Mais ces points méritent d’être confortés, a souligné l’Ademe, invitée à analyser le projet par la CNDP. Plus encore, c’est le sacrifice de terres agricoles parmi les meilleures d’Europe qui préoccupe les opposants au projet. « Pourquoi faire ce projet sur ces terres agricoles alors qu’on a la friche PSA ? », a ainsi interrogé une habitante de Bondy (Seine-Saint-Denis) lors du débat public.
Par ailleurs, les élus de Seine-Saint-Denis redoutent l’impact d’un nouveau centre commercial sur les commerce de centre-ville. (...)