Un centre humanitaire, qui orientera les migrants et pourra en héberger 400, a ouvert jeudi matin près de la porte de la Chapelle, à Paris, avec pour défi de mettre fin aux incessantes reconstitutions de campements indignes dans la capitale.
"Le centre humanitaire est officiellement ouvert", a simplement déclaré Aurélie El Hassak-Marzorati, la directrice générale du centre, peu après 9H00, quand trois Erythréens, avec bonnet et sac, ont franchi les portes du centre, dont la création avait été annoncée fin mai par la maire de Paris Anne Hidalgo.
A l’entrée du centre, un panneau en carton annonçait "Centre humanitaire Paris Nord dispositif de premier accueil", suivi d’un "Bienvenue" décliné en plusieurs langues (français, arabe, espagnol, pachtoune, afghan, grec etc).
Le centre accueillera chaque jour entre 50 et 80 personnes, soit le nombre de migrants arrivant chaque jour à Paris, selon les estimations.
Les hommes isolés pourront être hébergés sur le site, où ils resteront de 5 à 10 jours, avant d’être orientés vers d’autres lieux, selon leur situation : centre pour demandeurs d’asile (Cada), centre d’accueil ou d’orientation (CAO)...
Les femmes et les familles seront amenées en navette vers des lieux d’accueil spécifiques, avant l’ouverture d’un centre de 400 places destiné à ces "publics vulnérables" à Ivry-sur-Seine "début 2017", selon Bruno Morel, le directeur général d’Emmaüs solidarités qui pilotera le centre. Les mineurs isolés seront transférés vers des structures de la ville de Paris.
"L’idée est de créer un endroit où chaque migrant primo-arrivant pourra recevoir un accueil et se verra proposer une mise à l’abri digne et humaine", explique M. Morel. (...)
Ce centre humanitaire, "c’est une alternative digne à la rue", fait valoir la maire de Paris Anne Hidalgo, soulignant qu’il est composé de structures modulaires "démontables" et transposables ailleurs. Ce qui devrait se produire d’ici 18 mois, le site étant destiné à accueillir des bâtiments universitaires.
"Ce centre est une nécessité, nous allons continuer à en ouvrir", affirme la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, assurant que les places en CAO et CADA vers lesquelles seront orientés les migrants "ne sont pas saturées".
Sera-t-il suffisant pour absorber les flux de migrants qui convergent chaque jour vers Paris ? "C’est quelque chose d’expérimental, qu’il va falloir évaluer", commente Bruno Morel. "Il va falloir essaimer, sans doute en régions. La solidarité doit s’exercer partout".