Les demandeurs d’asile et les réfugiés peuvent refuser de répondre sur leur statut, précise l’institution, et le droit à l’hébergement est garanti.
Le Conseil d’Etat a définitivement validé, mercredi 6 novembre, l’instruction interministérielle organisant le signalement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence. Ce dispositif avait indigné les associations, qui dénonçaient « un tri ».
L’institution entérine ainsi l’obligation pour les associations gestionnaires de ces lieux – dont une trentaine avait lancé en septembre un recours demandant l’annulation de cette mesure – de transmettre la liste des demandeurs d’asile et réfugiés accueillis à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). (...)
Si les demandeurs d’asile et les réfugiés peuvent refuser de répondre, et si le droit à l’hébergement est garanti, alors finalement c’est une décision assez protectrice », a déclaré à l’Agence France-Presse le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), parmi les associations qui ont lancé le recours. (...)
« Cette circulaire vise à mieux orienter les personnes en fonction de leur situation administrative et n’est en rien attentatoire aux droits des demandeurs d’asile et des réfugiés », a pour sa part assuré le directeur général de l’OFII, Didier Leschi.
16 000 nouvelles places
Aujourd’hui, moins d’un demandeur d’asile sur deux est hébergé par l’Etat, qui avait annoncé un objectif de 97 000 places en 2019, alors que la France a enregistré plus de 120 0000 demandes rien qu’en 2018, selon l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Selon les associations, cette situation de sous-dimensionnement explique la présence de migrants dans les rues et dans l’hébergement d’urgence. (...)
La décision du Conseil d’Etat arrive dans un contexte de durcissement de la politique du gouvernement à l’égard des personnes en situation irrégulière. Plus tôt dans la journée, le premier ministre, Edouard Philippe, a présenté un plan immigration, après l’annonce de la mise en place de « quotas » de professionnels qualifiés et d’un durcissement de l’accès aux soins.