Qu’il s’agisse de pneumatiques, constitués d’un mince boudin de plastique assemblé avec quelques planches et des clous, ou de vieux bateaux en bois avec une cale, les femmes et les enfants occupent dans tous les cas la place la plus dangereuse sur ces fragiles esquifs. Nombreuses sont celles qui y ont laissé la vie.
Risques accrus d’écrasement et de suffocation au centre des pneumatiques
Pendant la traversée sur les embarcations pneumatiques, les femmes et les enfants sont souvent placé.e.s au milieu car les hommes croient ainsi les protéger de l’exposition directe aux vagues, à la houle et au risque de tomber à la mer. Mais cet emplacement les expose davantage à l’écrasement, à la suffocation et à des brûlures sévères causées par un mélange d’eau de mer et de carburant, extrêmement corrosif pour la peau et dont les vapeurs sont toxiques. De plus, le fond des pneumatiques étant renforcé à l’aide de planches de bois assemblées par des clous qui dépassent, ces derniers provoquent fréquemment des blessures. Dans les cas où l’embarcation prend l’eau, la panique gagne vite le bord, la plupart des naufragé.e.s ne sachant pas nager. Les personnes assises au fond de l’embarcation sont souvent les premières victimes de noyade à bord même de l’embarcation, des suites de bousculades, de piétinement et d’asphyxie.
Dans certains bateaux en bois, les femmes sont entassées dans la cale où le risque d’étouffement et de noyade est accru. Si l’embarcation, instable, vient à chavirer, elles n’ont aucune chance. (...)
Les rescapé.e.s d’un naufrage en février ont indiqué qu’un bébé de quatre mois était passé par-dessus bord au moment où sa mère, qui le tenait dans ses bras, s’est écroulée, morte de froid. Toujours en Méditerranée centrale, une femme a elle survécu par miracle en s’accrochant à un gilet de sauvetage avant d’être retrouvée par un pêcheur tunisien près de Lampedusa.