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La Pologne annonce avoir arrêté des membres d’un réseau de trafic de migrants drainant des millions d’euros
Article mis en ligne le 18 janvier 2022

Les garde-frontières polonais ont annoncé avoir arrêté plusieurs personnes accusées d’avoir participé à un trafic de migrants de la Pologne vers l’Europe occidentale. En demandant de l’argent aux migrants, le groupe criminel aurait récupéré plusieurs millions d’euros, selon les autorités polonaises.

Ils auraient récupéré 3 000 euros de la part de chaque personne qu’ils auraient fait passer de la frontière polono-biélorusse vers l’Europe occidentale. Plusieurs personnes accusées d’avoir organisé un trafic de migrants ont été interpellées par les autorités polonaises, selon des informations de la télévision publique polonaise.

Les mis en cause sont des ressortissants polonais, géorgiens, ukrainiens, syriens et tunisiens. Ce trafic a généré des revenus s’élevant à plusieurs millions d’euros. "Les personnes officiant comme trésoriers dans le groupe ont distribué une somme considérable pour l’activité du groupe criminel, 8,7 millions d’euros", a déclaré Arthur Szykula, le porte-parole du bureau du procureur. "Les seuls transporteurs ont reçu plus de 4,3 millions d’euros", a-t-il ajouté.

L’Europe de l’ouest comme objectif

Selon la police aux frontières polonaise, la plupart des migrants arrivés dans le pays n’avaient pas l’intention de rester en Pologne. Ils ont donc payé ces trafiquants dans l’espoir de quitter l’Europe de l’est. "90% d’entre eux veulent se rendre dans d’autres pays, principalement en Europe de l’ouest", a précisé Anna Michalska, porte-parole des garde-frontières polonais, interrogée par la télévision publique polonaise.

Depuis cet été, des milliers d’exilés ont afflué à la frontière biélorusse dans l’espoir d’entrer dans l’Union européenne (UE). Des centaines d’entre eux sont retournés dans leur pays d’origine

beaucoup de migrants continuent de vivre dans des camps côté Biélorussie, dans des températures glaciales et des conditions alarmantes.
Une zone très difficile d’accès

Cette crise aux portes de l’Europe s’enlise depuis son déclenchement, à l’été 2021. (...)

Pour freiner les arrivées, la Pologne a construit un mur de barbelés et massé des milliers de soldats le long des 400 kilomètres de frontière. L’accès à la zone est interdit à toute personne non résidente, y compris aux ONG et aux avocats.

L’ONU, qui souhaite enquêter sur la crise en cours, a regretté, le 21 décembre dernier, ne pas avoir reçu d’autorisation de la part de la Pologne et de la Biélorussie pour accéder à la zone frontalière. (...)