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La Chine déclare que l’islam est une « tumeur cancéreuse » et les musulmans des malades mentaux qui seront « traités dans des hôpitaux »
06/09/2018
Article mis en ligne le 7 septembre 2018

La radio du Parti Communiste Chinois a déclaré ce qui suit sur les ondes (source).

« Les membres du public qui ont été choisis pour la rééducation ont été infectées par une maladie idéologique. Ils sont infectés par l’extrémisme religieux et une idéologie terroriste violente et doivent donc subir un traitement dans un hôpital comme des patients. Cette idéologie religieuse extrémiste est un genre de médicament empoisonné qui trompe le peuple. Si nous n’éradiquons pas l’extrémisme religieux à la racine, les incidents terroristes violents se multiplieront et se répandront partout comme une tumeur maligne incurable » a déclaré la radio du PCC.

James Millward, un professeur d’histoire de la Chine à la Georgetown University, le gouvernement chinois identifie l’islam à une « pathologie mentale ».

(...) ils doivent être rééduqués dans des hôpitaux à temps afin de traiter et nettoyer le virus de leur cerveau et de les ramener à leur état normal » ajoute la radio du Parti Communiste Chinois.

Lire aussi :En Chine, les musulmans du Xinjiang fichés jusqu’au sang (14 décembre 2017)
C’est un épisode qui semble sorti tout droit d’un film de science-fiction des années 70. Depuis un an, les autorités chinoises ont mis en place un programme nommé « des examens médicaux pour tous » dans la province reculée du Xinjiang. Mais selon l’ONG Human Rights Watch, qui s’est procuré les « consignes pour l’enregistrement et une vérification précise de la population », des échantillons ADN et sanguins, le scan de l’iris et les empreintes digitales semblent être enregistrés sans l’accord des patients. (...)

le Xinjiang est habité par 10 millions de Ouïghours, des musulmans turcophones, et autant de Chinois Han installés par le pouvoir depuis deux décennies. Au prétexte d’une réelle menace terroriste (plusieurs attentats ont été commis ces dernières années, et des dizaines de Ouïghours avaient rejoint les rangs d’Al-Qaeda ou de l’Etat islamique en Syrie), le Parti communiste chinois a transformé la province en laboratoire sécuritaire et ses habitants, en très grande majorité pacifistes et sans vélléité indépendantiste, en cobayes d’un néototalitarisme. (...)

Ces dernières consignes ne sont pas limitées aux musulmans, mais elles viennent s’ajouter à une longue liste de limitations des libertés et de persécutions qui les vise directement. La pratique de la religion est désormais considérée comme une « menace pour la sécurité », et de nombreuses mosquées ont été détruites. On peut se faire arrêter parce que l’on porte une « barbe anormale » ou qu’on a écrit « halal » sur sa devanture, que l’on a « refusé de suivre les programmes officiels de radio ou de télévision » ou que l’on a donné à son bébé un prénom musulman interdit, comme Mohamed ou Arafat. Depuis octobre 2016, Chen Quanguo, nouveau secrétaire régional du Parti communiste, perfectionne dans le désert du Taklamakan sa méthode de « gestion sociale par le quadrillage » qu’il a mise au point sur les hauts plateaux du Tibet. Des milliers de postes de police ont été installés dans les villes, des barrages de police équipés de scanners 3D se sont multipliés sur les routes, la 4G a été supprimée, le GPS rendu obligatoire et une vaste campagne de délation rémunérée a été lancée par les autorités. (...)

A sa prise de fonctions, Chen Quanguo avait confisqué les passeports des 20 millions d’habitants de la province. Pour déposer une nouvelle demande, il fallait accepter de livrer ses données biométriques. Désormais, la collecte est passée au stade industriel.