Les « centres de répit », devenus Centres d’Accueil et d’Orientation (...), ont d’abord accueillis des exilé-e-s de Calais, sur une base volontaire, puis plus marginalement de Grande-Synthe, près de Dunkerque. Puis des exilé-e-s expulsé-e-s des campements parisiens, sous la contrainte de l’opération policière d’évacuation. Puis les exilé-e-s expulsé-e-s du bidonville de Calais et des structures de mise à l’abri qui le jouxtaient, lors de la destruction du bidonville et de l’évacuation de l’ensemble du site. Depuis novembre 2016, ils accueillent des exilé-e-s orienté-e-s par le camp mis en place par l’État et la mairie de Paris porte de le Chapelle. Leur vocation a donc changé, ainsi que le dispositif dans lequel ils s’inscrivent, et sans lequel leur rôle n’est pas compréhensible.
Pour mieux comprendre cet ensemble, l’Observatoire de l’Enfermement des Étrangers lui a consacré une réunion publique le 30 janvier dernier, dont l’enregistrement audio est disponible ici :
http://www.educationsansfrontieres.org/article54784
et l’enregistrement vidéo ici :
http://observatoireenfermement.blogspot.fr/p/reunions-publiques.html
Voici la présentation de cette soirée :
« Le principe fondateur de l’OEE est la dénonciation de la banalisation de l’enfermement administratif et de la pénalisation du séjour irrégulier comme mode de gestion des étrangers.
L’enfermement administratif est le plus souvent l’étape ultime du processus d’éloignement des personnes étrangères indésirables. Avec la loi du 7 mars 2016, l’assignation à résidence s’installe progressivement comme dispositif complémentaire des centres de rétention. En amont ont été mis en place des instruments d’identification, de suivi , de contrôle et d’appréhension destinés à alimenter ce dispositif d’éloignement.
Sous couvert de « mise à l’abri » les opérations de dispersion forcée des campements calaisiens et parisiens ont aussi été le support privilégié du déploiement de ces instruments, destinés à garder les migrant-e-s « sous la main » de l’administration.
CAO, CAOMI, centres humanitaires…, autant de dispositifs dérogatoires dont l’empilement favorise le tri, la gestion et le contrôle des exilés dont l’éloignement du plus grand nombre demeure l’objectif. (...)