La jeune étudiante guinéenne a fui l’Ukraine pour trouver refuge dans les Alpes-Maritimes après un douloureux parcours d’exil marqué par le froid et la xénophobie.
Pour fuir les bombes russes, tout le monde n’a pas les mêmes obstacles à franchir. Triés, discriminés, violentés… Des milliers d’étrangers résidant en Ukraine doivent faire face à la glaciale xénophobie des soldats ukrainiens et à celle des pays de l’Union européenne. Âgée de 23 ans, Mariama Nour Draméh, étudiante guinéenne en architecture, vivait à Kharkiv depuis cinq mois lorsque les premières explosions ont retenti. Elle est arrivée le jeudi 3 mars, à Nice, en voiture. Son frère, Abdoul, de dix ans son aîné, est venu la chercher à la frontière polonaise. (...)
« Je ne savais pas ce qu’il fallait faire »
« J’ai entendu les premières explosions le jeudi (24 février – NDLR), vers 4 heures du matin, raconte la jeune réfugiée, dans un appartement des quartiers Nord de la capitale azuréenne. Les bombes ne tombaient pas encore directement sur Kharkiv. Je ne savais pas ce qu’il fallait faire. » À l’issue de cette première nuit de guerre, Mariama retrouve sept amis, eux aussi étudiants étrangers. « Les sirènes ont commencé à sonner. Vers 17 heures, on a essayé de rejoindre le métro, mais il y avait déjà trop de monde », continue-t-elle, en montrant les images des quais bondés sur son téléphone. L’étudiante a l’habitude de tout filmer.
Blottie contre son frère
Impossible de rester là. Le groupe d’étudiants décide alors de prendre un train en direction de la Pologne. (...)
Un parcours de 1 800 kilomètres (...)
« C’était horrible, lance-t-elle d’une voix un peu plus forte. Des gens sont morts de faim et de froid devant mes yeux. » (...)
La jeune Guinéenne doit maintenant se confronter aux autorités françaises et la préfecture des Alpes-Maritimes n’est pas connue pour être des plus accueillantes avec les jeunes Africains en quête de refuge. Pour l’heure, la principale préoccupation de Mariama est le sort de ses amis, étudiants étrangers en Ukraine, encore bloqués sous les bombes.