Une rentrée mouvementée. La tension monte entre les dirigeants de La France insoumise et les militants des banlieues. La cause ? Une polémique est née vendredi, lors de l’université d’été de La France Insoumise à Toulouse, après une conférence animée par Henri Peña-Ruiz, « Les trois boussoles de la laïcité ».
Une phrase du philosophe a atterri sur les réseaux sociaux : « On a le droit d’être islamophobe. » Depuis, le mouvement tente de replacer la phrase dans le contexte. Henri Peña-Ruiz aussi. Les insoumis ont publié un long extrait pour mettre fin à la fronde.
Le souci : les doutes ne s’envolent pas. La définition du terme « islamophobe » clive – les insoumis n’ont jamais utilisé ce mot. De nombreuses figures du mouvement expliquent que, contrairement aux actes visant les musulmans, l’islamophobie n’est pas un délit. Sur les réseaux sociaux, Madjid Messaoudene élu à Saint-Denis répond : « C’est choquant car l’islamophobie c’est l’hostilité aux musulmans et à l’islam. » Le débat sémantique n’est pas nouveau mais il n’avait jamais à ce point enflammé la France insoumise. (...)
On oublierait presque qu’en novembre dernier, la France insoumise a organisé un événement en Seine-Saint-Denis, à Epinay plus précisément, pour se confronter à la parole des habitants. Le mouvement est persuadé que, lors de la dernière présidentielle, les 600 000 voix manquantes pour accéder au second tour se trouvent dans les parages. Jean-Luc Mélenchon était présent. La liberté de parole était assurée. Les différents militants ont souligné leurs points de divergences avec le mouvement. Et dénoncé « l’islamophobie », « le racisme d’Etat », « les violences policières ». Des mots sans détour. « Ce genre d’événement doit également permettre aux dirigeants et militants du mouvement de prendre conscience de la vie des habitants et surtout leurs préoccupations », nous confiait Eric Coquerel. Aujourd’hui, le fil apparaît rompu.