Le député Insoumis est intervenu après les échanges entre le gouvernement et son collègue Ugo Bernalicis, qui venait de taxer le préfet de Paris d’« éborgneur » et de « fou furieux ».
La séance des Questions au Gouvernement (QAG) » a été animée cet après-midi à l’Assemblée nationale. A l’origine, une question posée par le député La France Insoumise du Nord, Ugo Bernalicis. L’élu qui intervenait sur la manifestation des Gilets jaunes de samedi dans la capitale, a affirmé que le préfet de police de Paris, Didier Lallement – qui a remplacé ce printemps Michel Delpuech aux méthodes moins offensives - portait le surnom de « préfet qui fait flipper les flics ». « C’est à dessein que vous l’avez nommé car il y a une adéquation entre votre doctrine de maintien de l’ordre et la réputation de ce préfet, entre l’éborgneur et le fou furieux », a lancé le député LFI, en estimant que le préfet avait « quitté le camp de la République » et demandant à ce qu’il soit « démis de ses fonctions ».
"Je vous interroge sur la réalité du droit de manifester en France", @Ugobernalicis (FI) dénonce la gestion "calamiteuse" de la manifestation de samedi à Paris et accuse le Gvt de "gouverner par la peur". #DirectAN #QAG pic.twitter.com/Qf6kqiE3ky
— Assemblée nationale (@AssembleeNat) November 19, 2019
(...)
Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, lui a répondu en défendant une « doctrine définie au niveau du gouvernement » et qu’il ne s’agissait pas « d’empêcher le libre exercice du droit de manifester ». Face à l’agitation qui s’en est suivie dans l’hémicycle, François Ruffin, député LFI de la Somme, s’associant à son collègue du Nord, a reproché au secrétaire d’Etat de ne pas avoir un seul mot de compassion pour les manifestants blessés. Le brouhaha a alors redoublé d’intensité. Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, a alors décidé de « noter » François Ruffin au procès verbal de la séance, ce qui entraînera une « amende » à l’encontre du député de la Somme de quelque 1600 euros prélevés sur son indemnité parlementaire.
« Inadmissible »
Quelques minutes plus tard, lors d’une réponse à une QAG posée par un autre député, le Premier Ministre est également intervenu en personne, en s’adressant de nouveau aux élus Insoumis. « Mettre en cause nommément un fonctionnaire qui exerce sa mission au service de l’État et qui, dans cet hémicycle, ne peut pas répondre puisqu’il ne peut pas parler et qu’il ne peut pas s’y présenter, me semble ne pas exactement correspondre aux exigences que nous avons à poser d’une démocratie mûre », a déclaré le chef du gouvernement aux députés LFI. (...)
« Lorsque j’ai parlé, on m’a hurlé dessus, s’étonne Ugo Bernalicis. Il y a eu un tel brouhaha que peu de gens ont pu entendre mes propos. Et pourtant, il n’y a eu que François Ruffin qui a été sanctionné. C’est inadmissible. »
Ce qu’a notamment fait François Ruffin, qui, selon le Parisien, a déploré le fait que le secrétaire d’Etat n’ait pas une pensée pour les manifestants blessés le 16 novembre. Dans la vidéo ci-dessous, si on n’entend pas ce qu’il dit, on peut en tout cas voir l’agacement du député
Moment de tension lors des #QAG.
> @RichardFerrand à @JLMelenchon : "Asseyez-vous ! Regagnez votre place ! On ne peut pas passer son temps à stigmatiser la violence et donner ce spectacle de violence verbale ! Sachez vous tenir !"#DirectAN #QAG cc @Ugobernalicis pic.twitter.com/4GF4o2ZWYi— LCP (@LCP) November 19, 2019