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France : un Afghan condamné pour apologie du terrorisme a été renvoyé en Afghanistan
#exiles #France #expulsions
Article mis en ligne le 21 avril 2023
dernière modification le 20 avril 2023

En mars dernier, un Afghan condamné en 2020 pour apologie du terrorisme a été expulsé vers l’Afghanistan, a révélé mercredi France Info. Une première depuis le retour au pouvoir des Taliban en août 2021. L’homme avait fait l’éloge de l’assassinat de Samuel Paty, un enseignant décapité dans les Yvelines par un Tchétchène radicalisé.

À l’époque, l’homme se trouvait en France depuis deux ans et avait fait l’éloge en anglais et sur Tiktok de ce crime. Il avait alors été arrêté et "condamné à 18 mois de prison pour apologie du terrorisme avec obligation de quitter le territoire", détaille France Info. Il avait purgé sa peine en prison avant d’être enfermé dans un centre de rétention administrative (CRA) de Lille.

Expulsion via New Delhi

Le 23 mars, il a été placé dans un avion pour l’Inde, puis a rejoint Kaboul depuis New Delhi grâce à un laissez-passer consulaire délivré par les autorités talibanes.

"[La personne] a été escortée par la police au moins jusqu’à New Delhi avant d’être renvoyée vers Kaboul, comment croire qu’elle était volontaire pour ce renvoi comme affirme le ministère de l’Intérieur", a déclaré Paul Chiron, chargé des actions juridiques en rétention pour La Cimade, sur Twitter. (...)

Selon le ministère, l’homme aurait été volontaire à un retour dans son pays d’origine. "C’est bien ce qu’il a déclaré devant le juge le 17 mars 2023, selon un compte-rendu que nous avons consulté", souligne France Info. Mais le document indique également que le jeune homme avait refusé de monter à bord d’un avion en direction de l’Afghanistan le 28 février dernier, laissant penser qu’il aurait subi des pressions des autorités pour changer d’avis.

"C’est très inquiétant, car, hier, une expulsion vers l’Afghanistan, mais demain la France va-t-elle expulser vers la Syrie, vers l’Iran, vers la Russie ?", s’est interrogé Paul Chiron, interrogé par la radio publique.

Tentatives d’expulsions

Une interrogation non sans fondement. En janvier dernier, la Cimade et Amnesty international s’étaient alarmées de la tentative des autorités françaises d’expulser deux personnes de nationalité syrienne en octobre 2022. Les deux personnes avaient été visées par des obligations de quitter le territoire français (OQTF) et placées en CRA.

Ces deux placements, ordonnés respectivement par la préfecture de police de Paris et celle de Haute-Garonne, avaient ensuite été prolongés chacun, à deux reprises, par le juge des libertés et de la détention, le temps de vérifier les identités des deux exilés. (...)

Les messages envoyés par les préfectures informaient les autorités syriennes que les deux personnes étaient enfermées en CRA, qu’elles faisaient l’objet d’une mesure d’éloignement. Ils demandaient également les laissez-passer nécessaires à leur expulsion.

La préfecture de Haute-Garonne, comme le ministère de l’Intérieur, ont confirmé à InfoMigrants "ne pas procéder à des éloignements vers la Syrie", mais, pour les associations, le mal est fait(...)