La politique de l’Office national des forêts, contrainte par l’économie, vise à une surexploitation du bois, en oubliant les fonctions écologiques des forêts, juge l’auteur, lui-même forestier.
Que ce soit pour se nourrir, se loger, se chauffer ou simplement pour ses loisirs, depuis tout temps la forêt est pour l’Homme un bien commun. Sans elle l’humanité n’aurait tout simplement pas pu subsister.
Pour ses besoins, notamment l’agriculture, l’Homme l’a longtemps surexploité. A tel point, qu’en France, dès le XIIIe siècle des ordonnances royales ont commencé à réglementer son exploitation avec, entre autre, la création des « Eaux et forêts ». Malgré cela la forêt a continué à subir une surexploitation et ce n’est que vers le XIXe siècle que la situation s’est améliorée. Ainsi est créé en 1965 le descendant du service des eaux et forêts : l’Office National des Forêts.(ONF)
L’ONF, organisme d’État, a depuis ce jour en charge la gestion de la totalité des forêts publiques soit environ 25% des forêts françaises. (4,6 millions d’hectares) Son rôle est, au nom de l’État, et donc des citoyens, d’assurer une gestion durable des forêts
Cette gestion durable doit bien sûr prendre en compte la totalité des fonctions de la forêt : production de bois, accueil du public et bénéfice environnemental. De ce fait, l’ONF assure un service public qui ne peut être rentable. Par exemple, la surveillance, la recherche ou la création de sentier sont des activités non commerciales qui ne peuvent, ni ne doivent rapporter de l’argent. Pour assurer le bon fonctionnement de l’ONF, l’État verse donc chaque année une certaine somme, appelée versement compensateur, qui couvre les besoins financiers nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement.
Or, comme chacun le sait l’État cherche à économiser de l’argent partout il peut. Il aimerait donc pouvoir réduire au maximum la part du versement compensateur dans le budget de l’ONF. Pour cela l’Office doit devenir rentable. Dans cette optique, depuis une vingtaine d’année plusieurs milliers de postes ont notamment été supprimés. (...)
La gestion purement commerciale prend tout doucement le pas sur la gestion multifonctionnelle. Quand on voit comment sont gérées certaines forêts privées (heureusement pas toutes) avec, entre autre, une priorité donnée aux essences à croissance rapide, ça donne une bonne idée de ce que peut devenir une forêt quand la rentabilité est privilégiée.
L’ONF est très souvent décrié en raison des coupes de bois et c’est malheureusement parfois légitime. Cependant, l’exploitation forestière un mal nécessaire car si la forêt ne fournissait pas de bois cela fait bien longtemps que l’homme l’aurait bétonné ! Aujourd’hui, l’ONF pratique encore, tant bien que mal, une gestion raisonnée, avec ce COP ça ne pourra plus être le cas.
Le plus incroyable est que tout ceci se passe dans l’indifférence générale (...)
Au lendemain des fanfaronnades de la COP21 et à l’heure où les luttes écologistes se développent, on en vient à se demander si l’avenir de nos forêts intéresse encore quelqu’un...