Des ONG ont porté plainte auprès du gouvernement américain pour dénoncer un nombre important d’hystérectomies pratiquées sur des migrantes placées dans un centre de détention en Géorgie, aux Etats-Unis.
C’est une infirmière de l’établissement qui a informé les ONG. (...)
Selon elle, et selon la plainte déposée en son nom par les ONG Project South, Georgia Detention Watch, Georgia Latino Alliance for Human Rights et South Georgia Immigrant Support Network, l’établissement aurait pratiqué ces opérations sur des femmes hispanophones se plaignant de cycles menstruels abondants ou d’autres douleurs plus graves. (...)
Les femmes interrogées assurent n’avoir pas été préalablement prévenues de la nature de l’opération qu’elles allaient subir. Le médecin qui pratique ces interventions, hors établissement, aurait en outre commis au moins deux erreurs médicales, en retirant à une jeune femme un ovaire sain, au lieu d’un ovaire qui était altéré par un kyste, et en procédant à une ablation utérine au lieu de drainer un kyste. Les dates de ces interventions ne sont pas précisées mais elles semblent récentes.
« Quand j’ai rencontré toutes ces femmes qui ont subi cette intervention chirurgicale, je me suis dit que ça ressemblait à un camp de concentration expérimental. C’était comme s’ils faisaient des expériences sur nos corps », a dit une détenue interviewée par Project South, qui organise une conférence de presse ce mardi à midi (19 heures, heure française) à Atlanta. (...)
Le groupe de défense des droits de l’homme avait déjà déposé un rapport en 2017 contre le centre Irwin, l’accusant de maintenir les détenus dans des conditions insalubres, de leur refuser des soins médicaux et de leur servir des aliments non comestibles. « Cet endroit n’est pas équipé pour les humains », avait à l’époque déclaré un immigrant
L’infirmière rétrogradée
La plainte des ONG a aussi été déposée au nom des migrantes.
Dawn Wooten affirme aussi avoir été rétrogradée, et ses heures considérablement réduites, lorsqu’au mois de juillet elle s’est alarmée auprès de sa hiérarchie du peu d’attentions porté aux personnes positives au coronavirus. La plainte dénonce aussi le manque de dispositions prises dans le centre pour protéger les détenus.