Alors que la météo se dégrade et que les températures chutent, l’ONU alerte sur des milliers de migrants sans abri dans le nord de la Bosnie. Une situation qui pourrait être évitée si les autorités régionales et nationales s’accordaient sur une politique migratoire "rationnelle", selon l’ONU.
Tandis que les autorités locales, régionales et nationales de Bosnie ne parviennent pas à s’entendre sur la gestion des migrants dans le pays, ces derniers - pris entre deux feux - sont de plus en plus nombreux à se retrouver sans abri. Peter Van der Auweraert, responsable de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans les Balkans redoute "une crise humanitaire" à l’approche de l’hiver et appelle les autorités à tous les niveaux à se coordonner pour parvenir à des solutions "rationnelles".
Dans une interview accordée à l’agence AP jeudi 24 septembre, le responsable affirme qu’environ 8 500 migrants sont actuellement bloqués en Bosnie, principalement dans la région de Krajina au nord, espérant entrer dans l’Union européenne (UE) via la Croatie qui partage quelque 1 000 km de frontières. Parmi eux, 2 500 sont sans abri, contraints de dormir "dans des squats, dans la forêt, dans les rues ou encore dans des bâtiments abandonnés".
"Ce qui est triste, c’est que cette situation est totalement évitable car nous avons des ressources financières, principalement fournies par l’UE, afin de subvenir aux besoins de ces migrants", explique Peter Van der Auweraert. (...)
Depuis 2017, la Bosnie est devenue un véritable goulot d’étranglement pour des milliers de migrants originaires du Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique du Nord à la recherche d’une vie meilleure en Europe, au moment où les autres pays de la route des Balkans ont fermé leurs frontières. L’UE a fourni jusqu’à présent 60 millions d’euros d’aide d’urgence destinés principalement à sept centres d’hébergement pour migrants, dont six à Krajina, pouvant accueillir jusqu’à 7 000 personnes.
À plusieurs reprises, le gouvernement bosnien a assuré qu’il recherchait des locaux publics pour l’hébergement temporaire des migrants. Des annonces qui n’ont pas été suivies d’effet. Pire, les autorités locales Krajina ont récemment commencé à vider certains des centres d’accueil existants, poussant les exilés à quitter les zones urbaines, certains racontant même avoir été abandonnés dans des forêts. Les forces de police des régions adjacentes ont alors commencé à empêcher les migrants livrés à eux-mêmes d’entrer dans leur territoire. (...)