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Enormes incendies en Israël, attisés par le réchauffement climatique
Article mis en ligne le 27 novembre 2016

Des villes entières en proie aux flammes, des dizaines de milliers de personnes évacuées, un air chargé de cendres et de fumée : Israël connait une série de violents incendies depuis cinq jours.

Les premiers feux se sont déclarés mardi 22 novembre au nord du pays, dans la région boisée d’Haïfa, la troisième ville d’Israël. Ce vendredi, les 60.000 habitants de la ville côtière qui avaient quitté leurs logements ont été autorisés à rentrer chez eux. Mais d’autres foyers sont apparus en Galilée et aux abords de Jérusalem comme dans le village de Beit Meir, situé à une vingtaine de kilomètre de la ville trois fois sainte. Malgré la persistance de certains foyers, la situation sur les collines entourant Jérusalem est « sous contrôle » selon la police israélienne.

(...) La droite israélienne s’est emparée cette catastrophe pour accuser les Arabes Israéliens, qui représentent près de 18 % de la population, d’être les auteurs de cette vague d’incendie. Une dizaine de personnes auraient été arrêtées en Israël et en Cisjordanie tandis que les médias israéliens invoquent une « Intifada des flammes », en référence aux soulèvements populaires palestiniens passés. (...)

Mais Gidon Bromberg, directeur d’EcoPeace Middle East, une ONG qui regroupe des environnementalistes israéliens, palestiniens et jordaniens, et rattachée au réseau international des Amis de la Terre, ne souhaite pas attiser ces polémiques. « Il est encore trop tôt pour déterminer les causes de cette tragédie. Mais ce qui est sûr, c’est que le changement climatique contribue à cette vague d’incendie. Dans les conditions actuelles, n’importe qui pourrait mettre le feu à tout le pays avec une seule allumette ! » , s’écrie-t-il.

C’est que la « Terre Sainte » est aussi victime du réchauffement climatique et connait actuellement une période de sécheresse intense : « Depuis le début du mois de novembre nous n’avons connu qu’un seul jour de pluie à Tel Aviv, ce qui est tout à fait inhabituel », remarque Gidon Bromberg. A Jérusalem, pourtant située en altitude, il n’est que tombé 6 mm de pluie depuis le début du mois d’août, alors qu’en temps normal la moyenne des précipitations atteint sur cette période les 200 mm. Le taux d’humidité très faible, les températures élevées pour la moyenne saisonnière, et le vent d’est très sec expliquent la propagation rapide des foyers d’incendies contre lesquels les pompiers mènent une lutte acharnée.

La paix du feu ? (...)

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou est sous le feu des critiques pour son manque de préparation face aux incendies de grande ampleur. Malgré l’incendie terrible et sans précédent de 2010, qui avait ravagé 5.000 hectares et causé la mort de 44 personnes, l’Etat Hébreu est sous-équipé et a dû faire appel à l’aide internationale.

Depuis jeudi, des bombardiers d’eau turcs, grecs, croates et russes sillonnent le ciel du pays pour venir à bout des incendies. Israël a également reçu des promesses de la part de la France, de l’Italie, de Chypre, du Canada, d’Espagne ou encore d’Azerbaïdjan, d’envoyer des appareils lui prêter main forte. Un fait plutôt inattendu : l’Etat hébreu a accepté l’aide de l’Autorité Palestinienne, qui a envoyé 41 pompiers et huit camions combattre les flammes à Haïfa et à Beit Meir. L’image des hommes du feu israéliens et palestiniens luttant côte à côte fera date alors que les deux parties du conflit ont rompu leur dialogue direct depuis des années (...)