La Commission européenne souhaite suspendre un accord assouplissant les conditions d’octroi de visas de court séjour pour les personnes liées au régime biélorusse, en réaction à un "acte d’agression" de Minsk. La Biélorussie est accusée d’organiser un afflux de migrants aux frontières de l’UE afin de déstabiliser les Vingt-Sept.
(...) La Commission a précisé que la suspension partielle de cet accord "ne va pas affecter les citoyens ordinaires de Biélorussie, qui continueront à bénéficier des mêmes avantages". Seront concernés les représentants des délégations officielles, les membres des gouvernements et Parlements nationaux et régionaux ainsi que des cours suprême et constitutionnelle "dans l’exercice de leurs fonctions".
La mesure, qui sera soumise au Vingt-Sept, s’ajoute aux interdictions de séjour dans l’UE qui visent 166 individus, dont le président Alexandre Loukachenko, décidées en réponse à la répression de l’opposition dans ce pays.
Minsk accusé de vouloir "déstabiliser l’Union européenne"
Plusieurs milliers de migrants ont franchi la frontière entre la Biélorussie et l’Union européenne, en Lituanie, en Lettonie et en Pologne, ces derniers mois, mettant à mal ces pays peu habitués à un tel afflux de migrants.
Pour empêcher toute arrivée sur leur sol, ces États ont pris des mesures drastiques. La Pologne et la Lettonie ont instauré un état d’urgence dans leurs régions frontalières de la Biélorussie, rendant la zone inaccessible aux ONG et aux journalistes. (...)
Ces deux pays, ainsi que la Lituanie, ont également entrepris la construction d’une clôture de barbelés à leurs frontières. La Pologne, qui a déployé près de 1 500 soldats en appui des garde-frontières, est par ailleurs accusée par plusieurs ONG et organisations internationales de pratiquer des refoulements illégaux, empêchant les exilés de présenter des demandes d’asile et les forçant à revenir en Biélorussie.
L’UE soupçonne le régime de Minsk d’agir en représailles aux sanctions européennes. (...)
Selon Ylva Johansson, Alexandre Loukachenko est "probablement en train de se tourner vers d’autres pays" pour "instrumentaliser" les migrants, après la suspension des vols directs entre Bagdad et Minsk et le rapatriement par l’Irak de migrants bloqués à la frontière avec l’UE. (...)