Cette révision controversée, qui renforce les pouvoirs d’Abdel Fattah Al-Sissi, et ceux de l’armée, a été approuvée par référendum, a annoncé l’Autorité nationale des élections.
Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé, lors d’une conférence de presse au Caire, que 11,17 % des électeurs se sont prononcés contre cette réforme et que le taux de participation a atteint 44,33 %.
M. Ibrahim a insisté sur le caractère « démocratique » du scrutin. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au Parlement, et sans véritable débat de fond sur les enjeux de la réforme.
Les derniers Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 avril, au terme du processus référendaire, sur une révision constitutionnelle visant à prolonger jusqu’en 2030 la présidence de l’ex-maréchal accusé de violations des droits humains. Les bureaux de vote ont fermé dans la soirée, après trois jours de consultation, alors que la campagne pour le « oui » a complètement dominé les grands médias, étroitement contrôlés par le pouvoir. (...)
Au-delà de la prolongation de sa présidence, la révision constitutionnelle permet d’accroître son contrôle sur le système judiciaire. Elle octroie également un pouvoir politique à l’armée, pilier du régime de M. Sissi.
L’ex-maréchal Sissi a été élu président en 2014 avec 96,9 % des voix, un an après avoir renversé avec l’armée, à la faveur d’un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08 %. (...)
Depuis son arrivée au pouvoir, les ONG dénoncent régulièrement les arrestations tous azimuts, les procès de masse ainsi que le musellement de la presse et de l’opposition. Le pouvoir nie ces accusations, insistant sur « la stabilité » et « la lutte antiterroriste ».