Les flux de « migrants » arrivés en Europe depuis quelques années ont transformé en marché les services d’accueil de ces personnes exilées en France. Ce marché met en œuvre de plus en plus une logique de fluidité et de baisse des coûts. Les institutions qui proposent ces services sont dans une forte concurrence qui se joue dans leur capacité à offrir un service de moindre coût, à acquérir des lieux notamment dans les zones urbaines tendues, à gérer les flux de plus en plus intenses de « bénéficiaires », et aussi à se conformer aux objectifs sécuritaires de la politique d’immigration.
Tandis que le volet social et humanitaire est évacué peu à peu, sont mis en place des indicateurs de performance dans lesquels le taux d’intégration des exilés reste central mais qui nécessitent paradoxalement des investissements financiers et humains dont les institutions disposent de moins en moins.
Wenjing GUO est anthropologue, chercheure associée au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (...)