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le Devoir
Des filles fabriquées ?
Article mis en ligne le 28 octobre 2013
dernière modification le 27 octobre 2013

« On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone de Beauvoir. Des pin-up aux Femen, des mini-Miss aux Pussy Riot, des duchesses aux meneuses de claques, Le Devoir consacre un dossier à toutes ces « filles en série », sages ou subversives, qui font l’actualité au Québec et ailleurs. Que cachent ces femmes à la chaîne et que révèlent-elles sur notre propre monde ?

Comment se fabriquent les femmes machinées ? La professeure de littérature à l’UQAM et romancière Martine Delvaux se penche sur la question dans Les filles en série, son dernier essai qui vient de sortir chez Remue-Ménage. « Quand j’ai commencé à penser à cette idée de « série de filles », explique-t-elle en entrevue, je me suis mise à la repérer partout. C’est une image qui se démultiplie, presque à l’infini. Et pourtant, on a du mal à saisir ce qu’elle signifie. »

Des femmes et des bijoux

« Nous vivons dans un monde marchand, explique de son côté Mariette Julien, professeure à l’École supérieure de mode de l’UQAM, spécialiste des tendances corporelles et de la publicité, qui étudie l’image de la pin-up. Car la femme en série, c’est en quelque sort une accumulation de pin-up. « C’est pour faire vendre que cette image revient, et le plaisir sexuel est derrière. » Et quoi de plus rassurant pour une pensée de consommateur que l’abondance ? Pourquoi se contenter de reluquer un beau corps de femme quand on peut en regarder dix ou cent à la fois ? La belle alors n’est que le maillon d’une chaîne, la perle d’un collier.

On assiste alors à « une chosification du féminin » (...)