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France Inter
David Dufresne : "la police est un service public, on doit donc pouvoir regarder tout ce qui se passe"
Article mis en ligne le 22 décembre 2019

Depuis le début du mouvement des "Gilets Jaunes", le journaliste David Dufresne signale sur Twitter les dérives des forces de l’ordre, envers les manifestants mais également envers les journalistes.

Les forces de l’ordre visent-elles délibérément les journalistes pendant les manifestations ? Matériel confisqué, insultes, intimidations, pire, atteintes physiques. De nombreux cas ont été depuis un an recensés et dénoncés. Mais ce mois-ci, un cap est franchi. Un syndicat de police a diffusé sur Twitter une liste de cinq confrères nommément cités et accusés de nourrir la haine "anti-flics".

Parmi eux, des reporters de terrain, qui filment et documentent les rassemblements. Parmi eux également, David Dufresne, le confrère qui a compté les manifestants mais aussi les journalistes blessés par les forces de l’ordre, et qui n’a cessé d’interpeller le ministère de l’Intérieur sur le sujet. Très isolé à ses débuts, son travail sert désormais de source à d’autres médias qui lui emboîtent le pas.
Au sujet de la proposition de loi contre la haine, dite "Avia" ?

Le sénateur Jean-Pierre Grand, sénateur de l’Hérault, propose un amendement : 15 000 euros d’amende lorsque quelqu’un se décide à filmer les fonctionnaires de police dans l’exercice de leurs fonctions :

David Dufresne : « C’est en totale contradiction avec ce qui m’anime depuis toujours et c’est l’article 12 de la Déclaration des droits de l’Homme, qui est magnifique, qui dit : "La garantie des droits de l’Homme et du citoyen nécessite une force publique, cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée". Le mot majeur, c’est public car la police est un service public. Ça veut dire qu’on doit pouvoir regarder, on doit pouvoir observer les choses. L’idée c’est de les protéger mais en réalité, on veut masquer les choses... (...)

On voit de plus en plus de policiers se masquer, on voit des numéros de matricule qui ne sont pas portés, qui sont cachés, masqués, on voit des plaques minéralogiques qui sont masquées.

"Par ailleurs, cet amendement, si on veut ironiser, est assez terrible pour l’IGPN qui est incapable d’identifier sur vidéos les policiers qui sont mis en cause. (...)

« La police est une force publique qui doit être vue et connue de tous » (...)

Il y a des coups de butoir qui sont faits actuellement à la fois sur la presse, mais pas seulement, il y a d’autres syndicats de police qui ont mis en cause des syndicats de la magistrature, des juges, des avocats qui ont été menacés... On en est là, c’est-à-dire qu’il y a une pression extrêmement forte qui n’est absolument pas gage de sérénité".